David Byrne - The Knee Plays
Raretés frétillantes d’hier, d’aujourd’hui et de demain, avec la réédition de Knee Plays de David Byrne.
Dérivé des fanfares de La Nouvelle Orléans du Dirty Dozen
Brass Band ou encore du théâtre japonais Bunraku, The Knee Plays fut, en 1984,
avec la partition chorégraphique The Catherine Wheel (pour Twyla Tharp) la
première partition hors de la sphère rock de David Byrne, co-fondateur et
leader des Talking Heads (1976-88) - qui deux ans plus tard devait passer, avec
succès, à la réalisation du long-métrage True Stories, géniale fantaisie
lyrique de la contre-culture américaine. Vinyle longtemps introuvable, The Knee
Plays vient enfin d’être réédité, augmenté de huit plages inédites et d’un DVD
de 57’. Second spectacle d’envergure de Bob Wilson (après Einstein on the Beach
cosigné avec Philip Glass en 1976), The CIVIL warS, auquel se rattache cette
série de Knee Plays , devait être un opéra fleuve accompagnant les Jeux
olympiques de Los Angeles. Plusieurs épisodes furent bel et bien donnés en
Europe (de Paris à Cologne, de Marseille à Rome), mais le spectacle, d’une
totalité de cinq actes, fut annulé au dernier moment aux États-Unis, faute de
moyens. Wilson fit appel à plusieurs musiciens, dont Philip Glass, Gavin Bryars
et David Byrne. Ce dernier travailla à des intermèdes scéniques comiques, des «
scènes d’articulation » ou encore « genouillères » (pour reprendre le mot de
Wilson), donnés séparément à Minneapolis, en avril 1984. Pour enregistrer la
partition de ce vaudeville « wilsonien » sans paroles, tout autant inspiré par
le théâtre Kabuki que par la figure de Chaplin, David Byrne fit appel aux
meilleurs musiciens R&B de Los Angeles - et, comme souvent avec un tel
musicien, la réalisation est superbe avec ses marches cadencées et souples,
dont le pas posé, mesuré et démultiplié convient à merveille au mouvement
wilsonien. En plus des bonus instrumentaux (plus élégiaques), un DVD de près
d’une heure enchaîne au rythme des musiques des centaines de photos n&b
prises par JoAnn Verbug du spectacle chorégraphié par Suzuki Hanayagi - et nous
consolerait presque de ne pas avoir été là à l’époque... ! (David Byrne : The
Knee Plays . Nonesuch 303228-2, Warner).
Brinquebalant, hésitant, brutal et à l’arraché - quasiment la
marque de fabrique de l’anarcho-indépendant label rennais Inpolysons -, l’album
de David Fenech Polochon Battle rassemble une série de gymnopédies où
s’ébrouent en toute impertinence ukulele, batterie de cuisine, jouets
d’enfants, guitares préparées et grincements d’accordéons. Le tout bien arrosé
par la voix étrange et gouleyante de l’auteur, entre cri primal, tranche de
rigolade et pleurs de crocodile. Les fins esprits l’auront déjà repéré aux
côtés de Robert Wyatt, Klimperei, Shogo Tokumaru (partenaire occasionnel de ce
nouvel opus), Ghédalia Tazartès, Dragibus ou Sébastien Roux, quand il ne
participe pas à des projets génériques comme le beau Tribute to Moondog (Trace
Label, cf. Classica Répertoire n° 83, p. 92). En plus, polochonez en concert
avec David Fenech le 31/1 (Paris, Olympic Café), le 1er/2 (Nantes, Le Lieu
Unique), le 7/2 (Toulouse, Les Siestes Électroniques) et le 9/2 (Paris, Le
Plateau). Plus d’informations, de musiques et d’images (dont celles de Benoît
Guillaume) sur son blog [http://demosaurus. free.fr/]. (David Fenech : Polochon
Battle. Inpolysons IPS 1007, Muséa).
Site officiel de The Knee Plays de David Byrne