Le violoniste James Ehnes
Cela fait maintenant une douzaine d’années que le violoniste canadien nous enchante de disques au sommet de la discographie.
C’était à l’été 1996. Répertoire s’enflammait pour un
jeune violoniste canadien, James Ehnes : à 19 ans, et pour son premier disque,
publié par Telarc, il obtenait la note 10 pour rien moins que les 24 Caprices
de Paganini, et s’inscrivait au firmament des violonistes virtuoses, aux côtés
des Ricci, Rabin, Perlman, Accardo et autres Mintz. La critique se terminait
par ces mots : « Après une telle écoute, on attend avec impatience le prochain
disque d’Ehnes dans un autre répertoire : on aura, il faut l’espérer, la
confirmation d’un talent phénoménal. » Et confirmation il y eut, cette fois
chez Analekta, et dans un répertoire on ne peut plus différent : les Sonates de
Prokofiev ! Enfin, consécration suprême pour son troisième essai - et un
troisième 10 : des Sonates et Partitas de Bach pour violon seul (Analekta)
prouvaient que ce diable était à l’aise, effectivement, dans tous les styles.
Sous son archet, les fous de violon réapprirent à se régaler des tendres
bluettes de Kreisler (Analekta) et découvrirent des raretés de Smetana, Dvorák
et Janácek (Analekta). Manquait l’épreuve du concerto avec orchestre, depuis un
formidable live Bruch paru en 2001 chez CBC. Mais un passionnant album
Walton/Barber/ Korngold, également chez CBC, et, aujourd’hui (cf. ci-contre) un
impérial Concerto d’Elgar, ont fini de nous rassurer : Ehnes est bien un «
talent phénoménal », sans rapport avec ces météorites de l’archet lancées par
un disque Paganini dopé aux amphétamines. (Au fait, vous avez des nouvelles
d’Alexander Markov ?).
Eric Taver