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Voix et archets
Voix de légende

Par André Tubeuf | CLASSICA | LE COIN DES COLLECTIONNEURS | 18 août 2008

Surprises et retrouvailles.


Les archives de Glyndebourne valent d’être explorées, et l’on se réjouit qu’elles soient désormais exploitées. C’est bien de commencer par ces Nozze di Figaro de 1962. Comme dans tout Figaro réussi, et comme c’était la loi à Glyndebourne, le tout vaut largement mieux que l’addition de telles individualités. On comprend qu’il faut y courir avec allégresse ! (Glyndebourne 3 CD GFOCD00162, note 9).

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Excellente Alceste en style d’époque (1981) avec une Janet Baker de grand style en superbe voix, Tear en Admète et Mackerras aux commandes : Ponto nous avait déjà donné ce live ici repris par le label de Covent Garden (Royal Opera House « Heritage Series » 2 CD ROHS 010, note 8).


S’y ajoute une nouveauté, Ballo in maschera 1962 où Downes tient très bien son équipe : Amy Shuard, pilier local très efficiente en Amelia, Bastianini près de sa fin en Renato mais Vickers encore impressionnant et à connaître dans son emploi italien premier. Resnik en Ulrica est une curiosité (Royal Opera House « Heritage Series » 2 CD ROHS 009, note 7).


Maria Callas en 1958 à Londres dans Traviata , c’est sublimé déjà, sublime encore, mais un peu tard quand même. L’accent est d’une vérité dramatique unique au II et surtout au III, et Valetti serait son meilleur Alfredo si ce même 1958 nous n’avions pas Kraus à Lisbonne (repris par EMI). Précieux toujours, mais avec réserves (IDIS 2 CD 6541/42, note 7).


Ballo in maschera à Milan en 1973 ne vient pas tard pour Gencer qui n’a pas peur des aigus d’Amelia (et il y en a) : mais la piraterie la capte plus d’une fois noyée dans l’orchestre. Des détails réellement magiques, une intelligence musicale éclatante, un jeune Cappuccilli parfait à côté, un Merighi plus sommaire. On est dans la bonne routine (Myto 2 CD MDCD0008, note 7).


La surprise viendrait plutôt d’une Norma 1971 par la Scala en visite à Tokyo. Trop décriée au motif qu’elle imitait trop Callas (comme si ce n’était pas le meilleur modèle – mais elle s’est ruinée plus vite encore), Elena Suliotis montre ici les qualités considérables, énergie, autorité, couleurs et même ligne, qui font les grandes Norma. La véhémence lui va mieux que l’élégie et en fin de parcours on la sent fléchir. Mais quelles ressources ! Avec une très bonne Cossotto et un Cecchele sonore et franc, une Norma vivante et prenante, très au dessus de la version de studio stridente et corsetée (Myto 2 CD MDCD0007, note 7).


1949 : le premier Requiem de Verdi de Karajan à Salzbourg, le dernier du vétéran Rosvaenge, qui l’y a chanté avec Bruno Walter et Toscanini. Débuts internationaux de Christoff. Une Klose immense d’autorité, une Zadek avec ut (et quel !) et si bémol pianissimo. Karajan pas encore dans sa transe, dramatique, fou de sa propre sonorité (les Wiener). Vaut le détour (Audite 2 CD 23.415, note 7).


Tous les grands rôles russes de Chaliapine , 14 scènes incomparables de voix et d’authenticité : un génie absolu livré dans sa quintessence, sans un déchet (Melodiya MD1001325, note 8).

 




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