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Voix et archets
Archives violonistiques

Par Xavier Rey | CLASSICA | LE COIN DES COLLECTIONNEURS | 7 juillet 2008

Quelques belles raretés


Tous ceux qui pensent que Leonid Kogan (1924-1982) était le plus à son aise dans Beethoven, Brahms, Paganini ou Tchaïkovski, doivent écouter d’abord les plages 5 à 7 d’un CD Doremi sur lesquelles est gravée une magnifique interprétation publique du Concerto en sol de Mozart, avec au pupitre Dimitri Mitropoulos. Ensuite, ils pourront – respectant ainsi la chronologie des œuvres – passer au Concerto de Brahms, Pierre Monteux étant à la tête du Symphonique de Boston. Gageons que ce disque restera longtemps sur les platines pour une écoute aussi fréquente qu’enthousiaste, malgré une restitution assez médiocre (Doremi DHR-7900, 1958, 52’, note 9).

Depuis longtemps et bien avant sa retraite en 2005, on a, hélas, oublié Camilla Wicks (née en 1928), qui fut pourtant l’une des plus talentueuses violonistes du XXe siècle. Son jeu très fluide et d’une intonation toujours parfaite fait merveille dans le Concerto de Beethoven, parfaitement soutenu par Bruno Walter et les premiers mouvements des Concertos de Tchaïkovski (avec au pupitre, Arthur Fiedler) et de Sibelius, qu’elle défendait avec toujours énormément d’énergie et de conviction. Moins persuasif est le Nigun de Bloch, peut-être à cause d’un accompagnement orchestral très quelconque. Un CD à classer, bien sûr, à Beethoven et qui réjouira tous les amoureux du violon de jadis (Music & Arts 1160, 1950-1953, 79’, note 8).

Dans les trois Sonates de Brahms, Jascha Heifetz (1901-1987) apporte un flagrant démenti à tous ceux qui pensent qu’il était trop égocentrique pour être un grand musicien de chambre. Que ce soit avec le trop discret Emanuel Bay ou le parfait William Kappel, le violoniste confère à ces œuvres une dimension quasi symphonique. Rêveur dans l’Opus 78, élégiaque dans l’Opus 100, éloquent et irrésistible dans l’Opus 108, Heifetz enchante par sa maîtrise, ses phrasés et sa façon très personnelle de faire sonner son instrument. Un CD à ne surtout pas comparer avec celui d’Itzhak Perlman et Vladimir Ashkenazy (Idis 6540, 1936-1950, 62’, note 8).

 


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