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Intégrales en live

Par André Tubeuf | CLASSICA | LE COIN DES COLLECTIONNEURS | 4 juin 2008

Avec Del Monaco, Callas, Cerquetti...


Belle moisson chez Myto, dans un son qui arrange réellement d’anciens documents. Otello au Met 1958 est dirigé par un bon Cleva, et dans le rôle titre Del Monaco, d’une fraîcheur, d’une insolence et d’une splendeur sonore absolument uniques, donne la performance de sa vie, très au-dessus de tout ce qu’il a fait en studio, toute inhibition balayée. Et face à lui Los Angeles nous donne ce qui est en beauté de timbre, en sensibilité, en ligne de musicienne aussi, sans doute son plus extraordinaire live. L’Iago de Warren pâlit à côté, superbe de voix et même d’intentions musicales, mais restant plat dans la subtilité. Soirée phénoménale. (Myto 2 CD 00141, note 9).

Le live décidément nous montre un tout autre Del Monaco : son Samson du Met 1958 (Cleva toujours) s’épanouit dans l’insolence d’une sonorité à laquelle tout réussit ; Risë Stevens, Dalila artiste et véhémente quand il faut l’y aide puissamment, comme le Grand Prêtre de Singher. Bonne soirée de routine du Met, mais à quel niveau de somptuosité sonore ! (Myto 2 CD 00148, note 7).

Sortie de son brouillard initial, une Aida (Mexico, 1951) laisse éclater la performance électrisante de Callas, avec l’illustre mi bémol du Triomphe, un ut en force au Nil, et partout dans la ligne quelque chose de sculptural qu’elle ne retrouvera plus dans ce rôle. Elle n’est pas seule : Del Monaco (en force certes) soignant ligne et même nuances, et glorieux de timbre ; Dominguez, voix d’idole mexicaine, agressive et enivrante ; Taddei stylé et sonore. Un must (Myto 2 CD 00150, note 8).

Autre must et historique celui-là : Norma ce 4 janvier 1958 où Callas ayant fait à Rome la sortie qu’on sait, Cerquetti eut droit à une soirée complète, à la fois follement applaudie et huée par la clique Callas (55 secondes de mouvements divers ici après une « Casta Diva » d’un galbe parfait). Sautes dans le son, une Pirazzini qui sature et charge un peu, mais Corelli (glorieux) et Neri (auguste) sont là. Et Cerquetti hormis un ou deux sons moins assurés est splendide de bout en bout (Myto 2 CD 00142, note 8).

Andromeda exhume pour l’année Karajan un premier Fidelio de Salzbourg 1957 où il faut bien dire que Goltz, perceptiblement débordée et finalement défaite dans l’aigu mais la ligne aussi, et Schöffler à bout de timbre ne laissent rien paraître au disque de ce qui en scène les rendait passionnants. Jurinac est surnaturelle en Marzelline, et Zampieri un inattendu, exotique mais satisfaisant Florestan. Tout autre Fidelio signé Karajan sera préférable (Andromeda 2 CD ANDRCD9030, note 6).

Un programme Monteverdi tel qu’on le pratiquait en 1957 s’adresse aux archéologues. Jochum avec tout son monde Bach, de Stader à Krebs et Berry, plus le Bayerisches Rundfunk dans Vespro della beata Vergine, c’est l’Atlantide ! Superbe en soi, mais dépaysant et même dérangeant quand on est fait à une autre approche. Fill up, Monteverdi aussi, de New York avec Cantelli (Andromeda 2 CD ANDRCD9031, note 6).

 




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