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Ces compositeurs du 7e art

Par Franck Mallet | CLASSICA | LA MUSIQUE FAIT SON CINÉMA | 5 mars 2008

Un nouveau et immense champ d’exploration pour les discophiles amateurs de raretés.



Lorsque le réalisateur de la trilogie du Parrain, d’Apocalypse Now et de Coup de coeur vous propose de composer la musique de son nouveau film, comment refuser ? Osvaldo Golijov s’est ainsi attelé à sa première partition cinématographique, L’homme sans âge (Youth without youth) de Francis Ford Coppola. Adapté d’une nouvelle de Mircea Eliade, ce film, incarné à l’écran par Tim Roth, et qui tire vers le fantastique, a reçu un accueil mitigé en Europe, notamment en Roumanie, patrie de Mircea Eliade... Il n’empêche que le compositeur de l’admirable Ayre (pour Dawn Upshaw) et des non moins réussies Ainadamar et Oceana a conçu une partition sensible, où souffle un vent d’Europe Centrale plutôt envoûtant, grâce à un cymbalum, un kamantché et un accordéon fondus dans les cordes de l’Orchestre Métropolitain de Bucarest (DG, 2007, 61’, note 7).

Depuis ses débuts, Philip Glass, mémorable compositeur d’Einstein on the Beach, de Music in Twelve Parts et de tant d’autres opéras, parmi lesquels Satyagrapha, Akhenaton, La Belle et la Bête ou The Voyage, a écrit pour le cinéma. Woody Allen lui a commandé la musique de son dernier film, Le rêve de Cassandre, avec notamment Ewan McGregor (Trainspotting, La Guerre des Étoiles) et Colin Farrell (The War Zone). On y retrouve le style vigoureux et répétitif inimitable du musicien américain, joué par un orchestre à cordes à la fois inquiet et lyrique (Orange Mountain Music OMM 0038, 2007, 31’, note 6). À écouter également, sa précédente partition cinématographique pour le film Chronique d’un scandale, un suspens psychologique de Richard Eyre avec un duo détonant (Judi Dench et Cate Blanchett), où le musicien réorchestre avec élégance plusieurs thèmes de La Belle et la Bête (Decca, 2007, 51’, note 6).

En 1931, en Russie, un jeune compositeur prometteur du nom de Dimitri Chostakovitch composait lui aussi pour le cinéma. On connaissait déjà Odna (Seule), un film muet de Kozintsev et Trauberg par des extraits, sous la baguette de Rojdestvenski et Chailly... À la tête de trois chanteurs solistes, d’un choeur et de l’Orchestre symphonique de la radio de Francfort, le chef Mark Fitz-Gerald a reconstitué la partition originale, réincorporant fanfare, orgue de rue et l’un des premiers instruments électriques et lointain ancêtre du synthé, le thérémine, pour une partition savoureuse et alerte, écrite entre l’opéra Le Nez et le ballet Le Boulon (Naxos, 2006, 80’, note 6).

 


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