La leçon de la Leçon
Parce que J.-F. Zygel a été l’invité exceptionnel du précédent numéro de Classica-Répertoire, la leçon de musique est remplacée ce mois-ci par la publication des réactions de lecteurs. Florilège.
Si l’on en croit l’abondance de courriers reçus à la rédaction, le « professeur de désir » a suscité l’intérêt... de tous les publics. Des musiciens amateurs, tel Romain, de Tours, clarinettiste : « J’ai étudié la musicologie pendant un an à l’université, mais j’ai souvent l’impression d’en apprendre plus en une heure avec Jean-François Zygel, la passion en plus. Pour moi, il éclaire la musique de l’intérieur. »
Des mélomanes occasionnels, comme Christiane, de Lagardelle-sur-Lèze : « Cher M. Zygel, depuis deux ans, grâce à vous, je n’entends plus la musique, je l’écoute ! Le mérite d’un "passeur", c’est de donner à l’autre le sentiment d’être intelligent. Et je me sens plus intelligente. Il y a des gens qui cherchent toute leur vie à quoi ils peuvent bien servir sur cette planète Terre. Je crois que vous avez trouvé. Et merci aux musiciens qui vous accompagnent ! »
Amadou, lui, a découvert notre musicien plus récemment : « Pur produit de la culture noire, j’ai grandi au son de Thelonious Monk, Fela et Bob Marley. Appréciant un peu la musique classique, j’ai été séduit par votre approche ludique et la passion qui vous anime ! Et c’est contagieux ! Vous auriez fait un excellent musicien de jazz ! Bonne continuation à vous, et merci de nous faire profiter de votre passion. »
Martine, de Paris, tremble à l’idée de voir la série de la « Leçon de musique » s’interrompre, comme il l’a annoncé, au bout de 15 volumes seulement : « Peut-on dire à Maître Zygel qu’il nous doit beaucoup plus que cela ! J’ai aimé ses "Leçons" sur Ligeti, Haendel et Janácek, auxquelles j’ai eu la chance de pouvoir assister. Et pourquoi pas une "spéciale musique contemporaine" ? Un opus sur le chant grégorien ? Sur l’opéra italien ou la musique baroque ? Sur Bruckner ou Mahler ? »
Ce ne sont pas les idées qui manquent... Christophe, de Bordeaux, propose, pour sa part, un disque « avec les oeuvres dont Jean-François Zygel parle dans son entretien ».
Yves, de Clamart, s’interroge : « J’ai entendu votre "homme-orchestre" improviser au piano sur des films muets à l’Auditorium des Halles à Paris et même à l’Opéra-Bastille (pour le Napoléon de Gance). Son disque sonnera-t-il comme cela ? J’adorerais, même sans les images ! »
Retraitée de l’éducation nationale, Josée note : « M. Darcos s’est bien gardé de préciser qu’il fut un temps où le prof de musique avait au collège deux heures de chorale incluses dans son service. Économie oblige, on les a supprimées. Quand la volonté du chef d’établissement et celle du prof concordent et surtout que les moyens en heures "globalisées" le permettent, cette activité peut subsister. Malheureusement, aujourd’hui, on a de la peine à assurer les enseignements obligatoires, alors pour le "supplément d’âme"... Sur la concurrence avec Radio classique, je suis aussi d’accord avec vous : je suis passée il y a plusieurs années de celle-ci à France Musique et j’ai vraiment construit ma culture musicale grâce aux émissions. »
Autre commentaire, hélas anonyme, sur « la leçon donnée par Zygel au ministre Darcos », qui lance le « cri d’alarme » d’un professeur de musique de lycée « 100 % d’accord avec le confrère Zygel ». Ce même enseignant dénonce en passant un article du Nouvel Observateur, dans lequel Jacques Drillon stigmatisait le succès de Jean-François Zygel, « preuve, selon le critique de l’hebdomadaire, que nous vivons dans un état de pauvreté musicale qui touche à l’indigence ». Visiblement, tout le monde ne partage pas ce point de vue.