Ecouter et télécharger la musique en haute-fidelité.
C'est vous qui le dites.
Toute l'actualité musicale en temps réel.
Les podcasts exclusifs Qobuz et ceux de nos amis.
Celebrities' Blogging !
Retrouver l'univers du magazine sur Internet.
La musique, et la vie qui avec
AUDIO Qobuz Fil Audio écouter la radio quobuz

Edgar Bainton excelle à traduire l’émerveillement et la fraîcheur de certains « premiers matins du monde ».

Par Michel Fleury


Connaissant une relative renommée en tant que compositeur, pianiste, chef, enseignant et conférencier, Bainton émigra en 1934 à Sydney dont il dirigea le conservatoire. Cet exil, joint à une nature aristocratique peu encline aux manifestations démagogiques et tapageuses si utiles pour forger une carrière, explique un oubli total et injuste que le disque s’efforce depuis quelques années de réparer.

Les Pièces pour orchestre sont typiques d’un romantisme impressionniste caractéristique de l’École anglaise, qui prend sa source chez Elgar (avec qui Bainton était très lié), Delius et l’Impressionnisme français. Paul Ladmirault aurait particulièrement apprécié la seconde, une évocation de la forêt de Windsor qui partage avec sa propre Forêt de Brocéliande une même magie ensoleillée, tandis que la poignante nostalgie de la première ne serait pas déplacée dans la suite Pelléas et Mélisande de Fauré.

La Rivière dorée ruisselle de fraîches et suaves mélodies et s’achemine avec une force tranquille vers un très british sommet de ferveur panthéiste extatique et delienne. Destinée à un orchestre d’amateurs, Pavane, idylle et bacchanale est cependant un triptyque pastoral et archaïsant de haute tenue, d’un charme poétique pénétrant et subtil.

Mais le plat de résistance est laissé pour la fin : le Concerto-fantaisie, assurément avec le concerto de John Ireland le plus beau concerto de piano jamais écrit par un Anglais. La « fantaisie » est terre d’élection schumannienne, et au-delà de la différence de langage, Bainton retrouve la grâce, l’élan et l’effusion irrésistible du Concerto de Schumann. De très schumanniennes syncopes constituent d’ailleurs le leitmotiv unificateur. Le plan insolite (modéré, vif, lent, final et épilogue modérés) s’impose par une élégance et une unité architecturales inégalables. L’émotion se nuance d’un humour presque straussien (le Scherzo coiffe avec esprit la marotte de Till l’espiègle), une conception très symphonique autorisant ailleurs d’orgiaques climax. Les conflits et les antagonismes trouvent leur résolution en un épilogue d’une sérénité douce-amère, dont Margaret Fingerhut a parfaitement compris la dualité faite d’éloquence hautaine et d’inguérissable blessure (le concerto fut écrit en captivité en Allemagne). Ses inépuisables ressources de sonorité, sa vélocité autant que son intelligence en font l’interprète idéale d’une partition difficile par la complexité de l’écriture. Sachant concilier un soin méticuleux dans la mise en place des détails d’une œuvre riche en acrostiches décoratifs, avec un sentiment à la fois généreux et retenu, Paul Daniel tire de son orchestre tout l’arc-en-ciel subtil des nuances fin-de-siècle requis par ce chef-d’œuvre méconnu. Un délice pour l’oreille et le cœur…

 


Pour contacter la rédaction de Qobuz, écrivez-nous à
Pour envoyer vos infos concerts, écrivez-nous à


PUBLICITÉ


Joseph Marx
Six pièces pour piano - Quatre pièces inédites

CLASSICA  -  30/09/2008  -  15:21

Six pièces pour piano : Rhapsodie - Prélude et Fugue - Feuille d’album - Arabesque - Ballade - Humoresque )
Quatre pièces inédites : Légende d’automne - Carnaval (Nocturne) - Canzone - Le Pré de l’Ange

L’instrument généreux de Tonya Lemoh nous invite à découvrir l’œuvre d’un des derniers romantiques.


Jan van Gilse
Symphonies 1 et 2

CLASSICA  -  02/09/2008  -  12:34
Entre Mendelssohn et Mahler, l’œuvre du Néerlandais Jan van Gilse est celle d’un bel artisan de l’orchestre.


Siegmund von HAUSEGGER : Natursymphonie
CLASSICA  -  30/05/2008  -  16:26
Dès les premières notes, cette œuvre grandiose fait songer autant à Berlioz qu’à Strauss, Bruckner et Mahler.


John Herbert FOULDS : A World Requiem op. 60
CLASSICA  -  14/05/2008  -  10:26
Cette œuvre mythique, conçue au lendemain de la Grande Guerre, nous est révélée par Chandos.


Turlough O’CAROLAN : O Carolan’s dream
CLASSICA  -  01/04/2008  -  18:18
Entre musiques traditionnelle et savante, le monde imaginaire du barde O’Carolan devrait fasciner les mélomanes.


August ENNA : Heisse Liebe
CLASSICA  -  05/03/2008  -  13:55
Une première mondiale au disque nous fait apprécier l’oeuvre passionnante d’un compositeur danois encore inconnu sous nos latitudes.


La Symphonie n° 1 de George Rochberg (1918-2005)
CLASSICA  -  06/02/2008  -  16:23
Une première mondiale au disque nous fait apprécier la personnalité fascinante d’un musicien américain encore inconnu en Europe.