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GUSTAV MAHLER
Symphonie n° 1 « Titan »

Par Stéphane Friédérich | CLASSICA | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 27 août 2008

Orchestre symphonique de Londres, Valery Gergiev

LSO Live SACD LSO0663 (Harmonia Mundi). 2008. 52'

NOUVEAUTE     MULTICANAL SACD

Prise de son un peu mate.

Notice

La note de Classica :


Après une fascinante Sixième Symphonie (note 10, cf. n° 101), les musiciens du Symphonique de Londres et Valery Gergiev déçoivent dans l’interprétation de la « Titan ». L’attentisme souvent, la sobriété distante, parfois, a de quoi surprendre. Certes, on comprend le propos de Gergiev qui ne cherche pas les effets faciles, mais tente de construire une progression dramatique. Le pari est d’autant plus risqué qu’en concert (on ne sait pas si plusieurs prises ont été nécessaires) il faut que l’émotion se produise. Ce n’est, hélas, pas le cas. Le premier mouvement se traîne en longueur, hésitant entre un pastoralisme viennois sans véritable objet et un déchaînement de puissance qui manque de cohérence. L’orchestre est heureusement très réactif, mais on le sent sur la réserve, peu inspiré. L’efficacité est le maître mot, à l’image du Scherzo et du Finale, les mouvements au demeurant les plus aboutis. Les contrebasses ont une rusticité un peu factice et se mêlent à un orchestre guère enthousiaste. Curieusement, Gergiev y alourdit certaines phrases, souligne une rythmique déjà implacable. En revanche, la marche funèbre est étonnamment pudique et sans âme. Une telle objectivité ne laisse pas beaucoup de place au mystère du Wunderhorn. On s’y ennuie presque. Le Finale est aussi puissamment dynamique qu’on l’imagine. Mais, là encore, peu d’émotion, sinon une machinerie sonore impressionnante portée par les timbales et des cordes spectaculaires. Les versions marquantes sont si nombreuses que cette lecture ne présente qu’un intérêt secondaire. Quelle sera sa place dans l’intégrale en cours ? Souhaitons que les prochains volumes nous rappellent plus volontiers les qualités de la Sixième...

Si tous les orchestres maîtrisent si aisément cette partition, bien peu émerveillent en s’élevant à la source du chant mahlérien : Bernstein (II), Giulini, Haitink, Solti (I), Kubelik, Ancerl et Walter, ces deux derniers demeurent irremplaçables.

Voir la critique conjointe de l’enregistrement Tudor/Jonathan Nott

 


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