CLAUDE DEBUSSY
12 Études - Étude retrouvée - Intermède - Six Épigraphes antiques - Les soirs illuminés par l’ardeur du charbon
Noriko Ogawa (piano)
Bis CD1655 (Codæx). 82'. 2007
NOUVEAUTE STEREO DDD 
Belle prise de son, précise et chaleureuse.
Notice 

Les Études sont souvent le point faible (ou délicat) des intégrales de la musique pour piano de Debussy – et, de fait, les versions de référence de la discographie ne sont pas issues d’intégrales, que ce soit Pollini (DG), Uchida (Philips) ou Song (ProPiano). Sans être tout à fait au même niveau que celles-ci, Noriko Ogawa nous propose l’une des versions les plus convaincantes de la discographie, avec des Études parfaitement maîtrisées du point de vue technique et menées avec une grande intelligence musicale. Parmi les versions citées, c’est celle d’Uchida dont la pianiste se rapproche le plus, avec une pâte sonore beaucoup plus ronde, et un jeu de pédale plus présent et une sonorité d’ensemble plus réverbérée : on retrouve cependant chez elle la même nervosité féline, la même volonté d’interpréter ces œuvres de manière narrative, sans pour autant renoncer à une certaine audace dans les jeux de sonorités, acceptant une certaine rugosité dans les attaches et les contrastes. Les Tierces coulent ainsi avec bonheur, avec une montée en puissance bien menée, et une maîtrise impressionnante de la partie mélodique dans le passage à trois voix. Les Quartes et les Sixtes séduisent par leur sensualité, qui repose sur la maîtrise de la sonorité dans les nuances piano, mais aussi un grand naturel de la respiration dans les fins de phrases (les fameux « cédez » qui émaillent l’écriture debussyste). Les Octaves sont davantage appréhendées comme une étude, avec quelques forte un peu durs, certes, mais une partie centrale remarquable, et parfois un véritable humour dans la narration.
On pourrait continuer la description, avec de superbes Agréments, des Huit doigts et des Notes répétées très techniques et inspirés, avec une partie centrale donnant un sentiment d’improvisation, et une sécheresse intéressante des piqués, des Accords d’une remarquable puissance. Dans les Épigraphes antiques, la pianiste crée une atmosphère poétique qui garde son auditeur en haleine : elle n’a assurément pas besoin d’un défi technique pour révéler son talent. Un disque très réussi.

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