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Par André Tubeuf | CLASSICA | LE COIN DES COLLECTIONNEURS | 22 septembre 2008
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Récitals lyriques
Réhabilitations et raretés
Opéras
La musique allemande est à l’honneur
Callas
Encore et inlassablement célébrée




Récitals lyriques Réhabilitations et raretés





Côté récitals, chez Testament rare et intéressant Valletti, exquis de charme et de style dans des arie antiche, excursionnant de façon parfois magique (les petits Schubert, les Wolf précieux) au lied, tâtant des Nuits d’été, produisant, à la Souzay, un panorama cosmopolite, sans les dons de caractérisation de Souzay ni sa maîtrise des langues. Monochrome à la longue.
(Testament 2 CD SBT21413, note 7)



Nimbus tente une réhabilitation d’Igor Gorin, très superbe voix de basse et baryton à la fois, mais beaucoup plus radiophonique (et à la façon USA, années 1930-1940) que scénique. On choisira le disque avec Attila, Tote Stadt, Königin von Saba de Goldmark, Chants et danses de la mort en anglais.
(Nimbus NI7937, note 7)
plutôt que celui qui mélange airs d’opéra plus attendus, Enfantines (en anglais encore) et un Jésus que ma joie demeure pour entracte de cinéma.
(Nimbus NI7951, note 5)
De Panerai, portrait tiré d’intégrales, Così, Puritains et d’un récital (Barbier, Trouvère et même Rigoletto et Otello) avec Galliera. Bel artiste, toujours bien chantant, parfois hors pointure.
(Nimbus NI7949, note 6)



Chez Myto récital Guelfi, oublié du disque officiel, avec les solos attendus, de Tell (splendide) à Fanciulla. En duo avec Christoff (Attila), Corelli (Forza), Cerquetti (Aida, bronca en prime), ça déménage !
(Myto 00156, note 7)
Enfin, un plein récital vériste de Mara Zampieri, largement oubliée par le disque. Voix et artiste de qualité, de répertoire vaste, seulement desservie par une monochromie relative qui semble parfois l’éteindre. Wally, Fedora, Francesca ressortent du lot. Provenances inconnues.
(Myto 0154, note 6)




Premier volume de ce qui pourrait être un parcours Wolf avec Dietrich Fischer-Dieskau chez Audite : ses Mörike pour la radio, de 1949 avec 1955. Maturité intellectuelle déjà absolue, ligne à ne pas croire, An die Geliebte déjà ineffable, égalité vocale moindre qu’en studio toutefois. Herta Klust au piano est un plus de taille.
(Audite 95599, note 7)

La suite n’est pas en reste, avec un Ach des Knabens Augen de ses 24 ans, qui vaut à lui seul le disque.
(Audite 95600, note 8)






L’irremplaçable ensemble Schubert par Elizabeth Schwarzkopf et Edwin Fischer est augmenté de Litanei et Ungeduld antérieurs avec Moore, mais quelle idée d’y joindre ses airs de Fidelio et Ah perfido (d’ailleurs sublimes) pour Herbert von Karajan ? (Visuel en en-tête)
(Naxos 8111287, note 8)



Opéras La musique allemande est à l’honneur





Chez Andromeda, beau retour en format plat du Don Giovanni de légende de Salzbourg 1937 dans le meilleur son possible. Bruno Walter, Pinza et Rethberg y sont fabuleux, sans compter Borgioli, Helletsgruber, Margit Bokor. Must absolu, à avoir
(Andromeda 2 CD ANDRCD 5126, note 10).
On est moins sûr de l’opportunité d’une Création de Haydn, 1957, de (très bonne) routine avec Keilberth, Anneliese Kupper, Traxel, Greindl. Neuvième d’Antonín Dvorák en sus.
(Andromeda 2 CD ANDRCD 9037, note 6)


Fidelio dirigé par Jochum avec la RAI de Rome souffre un peu orchestralement, comme le Ring de Furtwängler. Mais si Frantz, Weber, Lindermeier (Mme Kempe, Marzelline) y sont très bons et Hopf simplement sonore, Rysanek déchaînée est, elle, simplement extraordinaire, même par ses propres standards. L’incandescence, l’engagement, la voix ! Ajoutons qu’un Quatrième Concerto (non indiqué sur la pochette !) de Beethoven en fill-up avec Jochum, le Bayerisches Rundfunk et Edwin Fischer, c’est mieux qu’une plus-value, même si on l’a déjà vu chez Orfeo d’or. (Myto 2 CD00161, note 8)


Chez Naxos arrivée de Butterfly , la première de Los Angeles, exquise de sensibilité fragile. Di Stefano ne claironne pas trop encore, Gobbi reste sensible et sobre, et le style, l’école de Gavazzeni sont à admirer. (Naxos 2 CD 8111291-92, note 7)
Rideau sur un Rigoletto qui n’a d’autre justification que sa date, 1956, qui le met dans le domaine public. RCA l’avait fait pour Björling et Merrill : celui-là est durci, celui-ci seulement sonore. Roberta Paters en plus, et Perlea au pupitre. (2 CD Naxos 2 CD 8111276-77, note 5)




Berlin Classics offre, superbement présentés et sonorement refourbis, trois albums.
Et d’abord cette Euryanthe, éditée à l’origine par EMI. La Staatskapelle de Dresde ici, c’est simplement suprême, somptueux de substance sonore et de timbre (même si un jeune Janowski n’y est pas vraiment dramatique). Gedda et Rita Hunter sont un rien en retrait, mais Tom Krause est formidable et Jessye Norman nous donne là en splendeur de chant nuancé et tenu la performance de sa vie – en 1976 !!
(Berlin Classics 3 CD 8441BC, note 9)
On peut passer sur Parsifal (1978, inédit sauf erreur). Radio Leipzig y est très en forme, le chœur aussi mais, avec Kegel au pupitre, c’est carrément oratorio (de qualité), avec un jeune Kollo, une Schröter vibrante, et Adam (Amfortas) et Cold (Gurnemanz) plus que sages.
(Berlin Classics 3 CD 8440BC, note 6)
Wozzeck n’est qu’un concert mais rigoureux, tendu, tout serré et bien en place et avec de fortes caractérisations sans prestige vocal. Goldberg (le Tambour-major) se détache d’une équipe Adam/Schröter/Kegel familière des lieux.
(Berlin Classics 2 CD 8442BC, note 7)



L’INA fête à Aix ses soixante ans. Au menu un Così 1955 où Simoneau n’est plus et Berganza pas encore, mais Stich-Randall évidemment (on ne voit pas, hélas, le décor acide de Balthus) ; Mireille aux Baux où Mistral poète voit quelques mots (mais pas les acidités de Vivalda) emportés par le mistral ; un récital Christoff 1955 se substituant au pied quasi levé à Schwarzkopf annoncée : Erlkönig étrange mais frappant, du Caldara, Moussorgski – c’était court et atypique. Un titre de gloire trop peu proclamé de l’Aix d’alors, c’était le contemporain. Poulenc avec Münch dans son propre concerto (1950), surtout le dévoilement de la Turangalîla de Messiaen avec un Désormière magistralement bref, c’est une page d’histoire – les hésitations recueillies à l’entracte valent un Pérou, comme on dit dans Così, avec une vacherie de Mauriac rapportée.
(INA mémoire vive, 6 CD IMV078, note 7)


Callas Encore et inlassablement célébrée





On s’intéressera de près à une Armida de Rossini, avec des pyrotechnies stupéfiantes, une ligne de chant gracieuse, émue, très soutenue. Le son, qu’on a connu abominable, est ici acceptable. Avec ses trois ténors (dont un Albanese particulièrement en forme), un des grands documents Callas.
(Myto 2 CD 00155, note 8)


Testament publie, tirée des archives personnelles de Walter Legge (comme de récentes Vêpres siciliennes) la bande inédite de sa Somnambule d’Edimbourg 1957, célèbre surtout pour la soirée annulée – scandale sur lequel le livret donne les détails les mieux informés. À presque tous égards (sauf le son), celle de Milan avec Bernstein l’emporte, et de loin. Il y a là quelque chose d’émacié et même un peu éteint, artistissime certes, mais marginal. Avec Monti, Zaccaria, Cossotto et Votto au pupitre.
(Testament 2 CD SBT21417, note 7)

Myto publie la soirée à scandale de Rome 1958, une Norma réduite à son acte I, avec Callas dès « Sediziose voci » bien courte de projection, Corelli formidable, la Pirazzini matrone en Adalgise. Bronca à l’annonce de l’interruption mais les « brava ! » après « Casta Diva » étaient plus ostensibles. Pour fétichistes.
(Myto 00151, note 5)



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