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	<title>Rodolphe Bruneau - Qobuz Blog - Mesures du Temps</title>
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	<description>Mesures du temps</description>
	<pubDate>Tue, 30 Sep 2008 09:54:51 +0000</pubDate>
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		<title>Promenade : Toulouse, piano aux Jacobins</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Sep 2008 09:49:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[  
            Toulouse,  encore, toujours : ses mêmes places aux briques roses, ses amis, ses journées douces où l&#8217;on pourrait croire qu&#8217;il fait bon vivre. Une église aux abords massifs — aux briques superposées avec densité — révèle un cloître à l&#8217;acoustique agréable, aux soirées fraîches pour ces trois concerts du festival Piano aux Jacobins en ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font face="Times New Roman">  </font></p>
<p><font face="Times New Roman">            Toulouse,  encore, toujours : ses mêmes places aux briques roses, ses amis, ses journées douces où l&#8217;on pourrait croire qu&#8217;il fait bon vivre. Une église aux abords massifs — aux briques superposées avec densité — révèle un cloître à l&#8217;acoustique agréable, aux soirées fraîches pour ces trois concerts du festival Piano aux Jacobins en ce début septembre.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">             Le maître Paul Badura-Skoda, d&#8217;abord, dans un récital exigeant (<em>Sonate</em> de Haydn, Beethoven <em>op. 111</em>, Schubert <em>D 959</em> et une <em>Fantaisie</em> de Franck Martin). Certes le pianiste n&#8217;a pas l&#8217;assurance de ses deux contemporains (Brendel et Ciccolini), mais il garde sa joie de vivre, son envie de partager ses connaissances encyclopédiques. Si l&#8217;assise rythmique de la <em>sonate</em> de Haydn est bancale, le style demeure parfait. Et ce ne sont pas vraiment les doigts qui ne suivent plus, mais plutôt la palette sonore qui s&#8217;est rétrécie. Il faut cependant avouer que l&#8217;exploit (car tout fut joué de mémoire) est bien réel ; on a eu des frissons dans la <em>sonate</em> de Beethoven ou dans Schubert dont les tempi étaient plutôt rapides. Et l&#8217;ultime pièce de Mozart, en bis du concert, était, elle aussi, bien venue pour compléter ces opus ultimes.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">            Plus austères, le lendemain, Gyorgy et Marta Kurtag proposaient des extraits de <em>Jatékok </em>encadrés et ponctués par quelques transcriptions de Bach. Moment intemporel par deux visages, vus de face, en harmonie pour quelques instants de poésie sonore. Démarche lente sur la scène du théâtre Garonne, ombres fugitives de gris vêtus, fébrilité de l&#8217;âge, sourires timides, Marta et Gyorgy ont chanté l&#8217;amour, l&#8217;enfance et la souffrance. Parfois drôles, toujours oniriques ; l&#8217;œuvre de Kurtag — je l&#8217;ai déjà dit ici même — est l&#8217;une des plus belles de ce siècle par son élégance, son rapport au passé, son expression. Impossible, à la sortie de cette heure de musique, de dater le temps, l&#8217;espace et l&#8217;émotion.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">            Le troisième et dernier jour, deux jeunes pianistes espagnols (Ivan Macias et Juan Miguel Murani) se partageaient un récital. Le premier était sensible, dans une belle quête sonore avec une lecture intelligente du texte, timide aussi (s&#8217;excusant presque de monter sur scène) pour donner des <em>Valses</em> de Granados remarquables de délicatesse. Le deuxième était le miroir du premier : vulgaire, bruyant, dans une extravagance qui dénaturait chaque œuvre. Ravel s&#8217;est sans doute retourné dans sa tombe. Et G**, à mes côtés, avait la juste sensation : « il impose à l&#8217;auditeur ce qu&#8217;il doit entendre ». Qu&#8217;il est difficile d&#8217;être pris au piège dans l&#8217;étau resserré du musicien.</font></p>
<p>Puis l&#8217;heure de l&#8217;avion, sa course pour l&#8217;embarquement avec une carte qui ne passait pas au contrôle, et un vol pris de justesse. Et, seul dans l&#8217;easyjet avec la lecture du premier roman de Tristan Garcia, un toulousain.</p>
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		<title>Portrait : G**, Dandy !</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Sep 2008 18:22:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160;
« Il était élégamment mis, en tenue légère, avec une cravate un peu lâche et des habits larges, tels qu’il aimait à les porter, surtout en été. Il avait cette démarche aisée, cette façon libre de se mouvoir dans des habits flottants qui lui donnaient à certains moments comme un air fort original de jeune homme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="right">&nbsp;</p>
<p align="right">« <em>Il était élégamment mis, en tenue légère, avec une cravate un peu lâche et des habits larges, tels qu’il aimait à les porter, surtout en été. Il avait cette démarche aisée, cette façon libre de se mouvoir dans des habits flottants qui lui donnaient à certains moments comme un air fort original de jeune homme étranger, soit anglais, soit créole. C’était l’instinct d’un goût très sûr qui l’invitait à s’habiller de la sorte, il en tirait une grâce toute personnelle. Il considérait la composition d’une toilette, le choix des nuances, les propositions d’un habit comme une chose très sérieuse dans la conduite générale d’un homme de bon ton ; mais une fois la toilette admise, il n’y pensais plus, et c’eût été lui faire injure que de le supposer préoccupé de sa mise au delà du temps voulu par les soins ingénieux qu’il y donnait.</em> » (Eugène Fromentin : <em>Dominique</em>)</p>
<p align="right">&nbsp;</p>
<p>« Le Dandy est mort, vive le dandy ! » proclame une revue masculine sur la devanture d’un kiosque, en ce matin peu lumineux place de Clichy. Ce ne sont certes pas les mannequins que la société nous a imposés qui ont pu instaurer le Dandysme, et tant mieux, car le Dandy ne s’installe pas, il ne suit pas la mode. Légèrement et même furieusement décadent au début du vingtième siècle, Huysmans donne un mot pour caractériser son héros : « écart ». Dandy, tiens-toi à côté.</p>
<p> G** est un Dandy. Petit, comme Satie – mais sans le savoir –, il suppliait sa mère de lui acheter des parapluies. C’est que le jeune homme, 27 ans aujourd’hui, considère l’âme des objets. Chaque meuble, accessoire ou vêtement doit trouver sa place dans la sphère de l’esthétique. Point de matérialisme, mais plutôt une façon philosophique d’accepter solitude et nostalgie avec ces compagnons inanimés. Matière, forme et couleur font partie du discours d’élection. G** porte cravates (qu’il possède en grand nombre), gilets ou chemises sans col. Mais, l’esthète est capable aussi d’arborer, avec élégance, le simple jean – T shirt. Le dandy doit aussi surprendre, rien n’est figé. Le rituel de la bague effectué, celle d’un bleu mer ou la chevalière avec les initiales, G** promène son âme dans les rues d’une ville en soleil. Qu’il passe à l’Etude, aux <em>Ombres Blanches</em> ou rue Saint Rome, G** observe, rêve, avance. Point de frivolité chez l’homme, même s’il sait s’amuser quand il le faut ; comme tout Dandy, il est tourmenté par un avenir qui n’arrive pas à se décider, un avenir incertain dont même les miasmes de l’horizon ne veulent se faire apercevoir. L’homme peut prendre le regard mélancolique et poser son doigt devant sa bouche pour réfléchir à un problème dont il ne trouve pas la solution. Je lui parle de <em>Dominique</em> de Fromentin ou d’<em>Adolphe</em> de Benjamin Constant, tant ce romantisme semble nous convenir ; il acquiesce et me répond par le Comte de Montesquiou, « prince hortensias »&#8230;</p>
<p> Notre société a peu d’importance car nous sommes irrémédiablement tournés vers le passé. Ce ne sont ni l’informatique dernier cri, ni le portable à la mode, ni la haute couture qui plaisent à G** ; mais les ruines d’un château, une vallée dont l’esprit évoque l’Angleterre de Jane Austeen, une photo en noir et blanc d’une famille déchue, un meuble mis en vente à l’hôtel Drouot, un livre dont la reliure a vécu quelque part dans une contrée lointaine. Souvenirs des années perdues, des années inconnues.</p>
<p> Homme aussi bien à l’aise dans la société qu’en paysan arrosant les arbres à proximité d’une grange qu’il entretient : G** impose ses règles. C’est en ce sens qu’il est un Dandy comme les décrivait Kierkegaard : Il donne le destin de sa vie. On trouve cette phrase dans le journal d’un séducteur (car tout dandy est séducteur) : « Sa vie a été un essai pour réaliser la tâche de vivre poétiquement ». Car le dandysme au sens fort – celui, concret, de Brummell, comme ceux, plus intellectuels, de Barbey d’Aurevilly et de Baudelaire – procède de cette volonté héroïque de s’inventer <em>ex nihilo</em> un destin, de sculpter sa propre statue devant l’éternité. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs, comme le montrent les vies de Brummell et de Wilde, le dandysme a partie liée avec la chute et la mort, au point qu’on peut soutenir qu’un dandy qui finit bien ne saurait tout à fait en être un&#8230; Exigent, G** ne laisse rien passer : tiroirs de commode bien fermés, amitiés intransigeantes, silences éloquents ; mais aussi : sens de transgression, envie sans cesse de tout dépasser avec un côté indéniablement religieux, mais en sens inversé. G** poursuit ainsi son défi face au désespoir.</p>
<p><font face="Times New Roman"><strong><big></big></strong></font></p>
<p><font face="Times New Roman"><strong><big></big></strong></font><br />
<code></code><br />
<font face="Times New Roman"><strong><big><big>BONNES RÉSOLUTIONS</big></big></strong></font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font></p>
<p><font face="Times New Roman"><strong>Avant,</strong> </font></p>
<p><font face="Times New Roman">            village de Provence, la Roque d&#8217;Anthéron : ses petites places, son parc du château de Floran, « Chez Rachid », sa villa en haut de l&#8217;avenue avec ses habitants fantomatiques, son Abbaye, ses platanes, ses trois boulangeries, son centre d&#8217;amaigrissement, &#8230;ses pianistes. Depuis des années, le village subit le rituel : la descente vers les concerts (à Bayreuth, on monte), les matins calmes où le pianiste choisit son piano, les débuts d&#8217;après-midi désertiques où tous semblent faire sieste, les incessantes stridulations des cigales, le bruit du mistral, les concerts. Kristian Zacharias, le premier soir chante Debussy avec le bruit de la nature, Zhu Xiao Mei n&#8217;arrive pas à se concentrer dans l&#8217;abbaye et donne de tristes <em>Variations Goldberg</em>, Lugansky impérial dans Rachmaninov, Berezowsky endiablé. On passe à La Roque, les pianistes défilent.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">            Montpellier, sa foule, ses demeures blanches aux grandes fenêtres, ses fontaines, son commerces, son Corum. Petites rues sinueuses débouchant sur des allées lumineuses et piétonnes, l&#8217;on y croise tout Radio France venue capter le festival : producteur, réalisateur, technicien. </font><font face="Times New Roman">D** chantera avec bonheur, B** nous accompagnera avec bienveillance et humour. </font><font face="Times New Roman">Le roi des lieux, ce n&#8217;est pas René Koering, mais Aldo. Avec ses 83 ans, Ciccolini enchaîne les master-class, les émissions de radio et les concerts. Clementi, Czerny (inutile), Beethoven et quelques concertos de Mozart. Juvénile et radieux, le maître. </font></p>
<p><font face="Times New Roman">            Vallée de la Dordogne, ses châteaux (en ruines ou majestueux), ses mers de collines, ses routes serpentant parmi les forêts, ses ruisseaux si frais, si transparents, ses cabanes dans les arbres, ses granges. Un Pleyel abandonné dans un château pour une valse de Chopin. G** et B**, chemin faisant, accompagnant les rites, déboires et espoirs, les périlleuses amitiés.</font></p>
<p><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font></p>
<p><font face="Times New Roman"><strong>Maintenant,</strong></font></p>
<p><font face="Times New Roman">            Tourbillon de rentrée, Barenboim est passé par Paris avec son orchestre de paix pour un Schoenberg parfait, un Wagner emporté. Homme de confiance et d&#8217;action, il a embrassé chacun de ses musiciens.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">            Rentrée de France Musique, sa nouvelle grille, ses nouvelles émissions : les instabilités du changement.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">            Des Lycéens passent dans la rue, nouveau programme, nouvelle peau, nouvel espoir.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">            Derniers soleils, avant la fatigue qui saisit trop tôt quand le cœur reconnaît avec effroi la menace irrécusable de l&#8217;automne. Le soleil du soir s&#8217;abîme lentement.</font></p>
<p><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font></p>
<p><font face="Times New Roman"><strong>Demain</strong>,  </font></p>
<p><font face="Times New Roman">            L&#8217;inévitable série de bonnes résolutions pour une rentrée : travailler plus, arrêter de fumer, être plus régulier, aller en bibliothèque, se lever plus tôt chaque matin, aller jusqu&#8217;au bout de chaque projet&#8230; celles de chacun. </font></p>
<p><font face="Times New Roman">            Et celles des autres, dont on aimerait tenir les fils : moins de parole sur France Musique (et dire que je le pense !), pas de concerto de Mozart par Pierre Laurent Aimard, un concerto pour piano de Dutilleux, aucune Cantate de Bacri, pas de Houellbecque, des discours inspirés, des envolées, des amis fidèles, des pubs poétiques, des matins lumineux, des nuits moins angoissées, des trains ponctuels, des créations fructueuses, des silences chantants, des âmes sentinelles, des rêves réalisables, &#8230;             </font></p>
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		<title>Promenades : Toulouse, Toulouse.</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Jul 2008 07:56:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Une semaine aux rythmes de la musique des Balkans à Toulouse lors du festival Rio Loco ; découvertes heureuses de Taraf de Haïdouks (pas encore mondialisé), de Martin Lubenov (un accordéoniste virtuose et inventif), de la musique branchée des Balkan Beat Box. Jeunes fous furieux dopés au Red Bull. Semaine étouffante sous le soleil écrasant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une semaine aux rythmes de la musique des Balkans à Toulouse lors du festival Rio Loco<em> ; </em>découvertes heureuses de<em> Taraf de Haïdouks </em>(pas encore mondialisé), de <em>Martin Lubenov </em>(un accordéoniste virtuose et inventif), de la musique branchée des <em>Balkan Beat Box.</em> Jeunes fous furieux dopés au Red Bull. Semaine étouffante sous le soleil écrasant d&#8217;une ville rose. Et des moments sous le chapiteau de France Musique, posé sur les bords de la Garonne ; rien de plus que le grand soleil évoquant l&#8217;engloutissement de toutes choses, l&#8217;irradiation qui demeure d&#8217;un univers enfin submergé : souvenirs. C&#8217;est dans le soleil, surtout, que cette musique aux modes tziganes, aux trompettes colorées, aux voix déchirées des balkans, prend sa logique. Entre évocation d&#8217;un populaire d&#8217;Europe centrale et l&#8217;envie d&#8217;un moderne commercial. Tous n&#8217;ont pas la même éthique.</p>
<p align="center">&nbsp;</p>
<p>Le soleil, dans la ville, ne semble jamais décliner.</p>
<p align="center">&nbsp;</p>
<p>Aucun îlot de nuage avançait, gagnant en densité, aucune ombre bleue sur le fleuve, pas même une vague sur le capitole de Toulouse. Simplement un goût providentiel d&#8217;été par les jeunes gens presque dénudés ; par l&#8217;insouciance, par la nonchalance d&#8217;un corps allongé sur l&#8217;herbe.</p>
<p align="center">&nbsp;</p>
<p>Et quelques souvenirs, déjà, en vrac :</p>
<p align="center">&nbsp;</p>
<p>- Françoise Degeorges, à vélo, dans les rues roses pastels dont les pierres apparentes des maisons ne sont que nudité et pauvreté adorable de la matière. Quelques cours intérieures avec les charmes des lauriers roses.</p>
<p>- La chapiteau de France Musique envahit par une foule jeune, chaleureuse, déchaînée.</p>
<p>- L&#8217;angélus de Notre Dame du Taur, trop tôt, entendu de l&#8217;hôtel fenêtres ouvertes.</p>
<p>-         Un chardonnet, la nuit sur les toits structurés de Toulouse, rue Polinaires avec G** et B**. Bonheur.</p>
<p>-         Mollets fatigués par le vélo et les marches jusqu&#8217;à trois heures du matin.</p>
<p>- Chansons de l&#8217;immigration algérienne par <em>Origines Contrôlées. </em></p>
<p>-         Brocante autour de Saint-Sernin, sept petits bateaux furieusement tentants.</p>
<p>-    Café avec G**, dans le jardin d&#8217;un musée, près de Saint-Sernin, le bon matin d&#8217;un 21 juin.</p>
<p align="center">&nbsp;</p>
<p>Touches d&#8217;été, envies de partir, instants d&#8217;abandon vers des paysages inconnus, exaltant et démoniaque soleil, festivals ; peut-être serai-je un blogeur absent. Alors, chers lecteurs, laissons à l&#8217;espace une petite place.</p>
<p align="center">&nbsp;</p>
<p>Bel été, à très vite.</p>
<p>[audio:http://www.qobuz.com/son/continuo/continuo_mxd.mp3]</p>
<p>[audio:http://extraits.qobuz.com/ecm073145377982/073145377982_1_1.mp3]</p>
<p>[audio:http://extraits.qobuz.com/ecm/0073145377982/0073145377982_1_1.mp3]</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Andante Teneramente.</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Jun 2008 14:09:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[    Pourquoi faudrait-il être un vieux Kempf, Serkin ou Arrau pour jouer les crépuscules de Brahms. La jeunesse n&#8217;a pas besoin du temps pour parler de la mort. Rilke, Rimbaud et les autres le savent. Mieux que personne. Hélène Grimaud, Marie-Josèphe Jude n&#8217;ont pas attendu quarante ans. Geoffroy Couteau n&#8217;attendra pas les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>    Pourquoi faudrait-il être un vieux <strong>Kempf</strong>, <strong>Serkin</strong> ou <strong>Arrau</strong> pour jouer les crépuscules de <strong>Brahms</strong>. La jeunesse n&#8217;a pas besoin du temps pour parler de la mort. <strong>Rilke</strong>, <strong>Rimbaud</strong> et les autres le savent. Mieux que personne. <strong>Hélène Grimaud</strong>, <strong>Marie-Josèphe Jude</strong> n&#8217;ont pas attendu quarante ans. <strong>Geoffroy Couteau</strong> n&#8217;attendra pas les trente.</p>
<p>Que ces berceuses ont chanté mon adolescence : je ne le cache pas. L&#8217;<em>Andante teneramente</em> de l&#8217;op. 118, entendu puis écouté ; chanté puis joué. Musique de  consolation, de retenue : de désespoir. Non pas de mort, mais de désespoir vers la souffrance de la beauté, ce premier degré du terrible. Et le terrible est en son essence l&#8217;intensité de l&#8217;existence (divine). Alors n&#8217;allons pas parler d&#8217;une musique funèbre&#8230; Car avec ces quelques pièces, confiées au confident (le piano), la beauté est ici l&#8217;expression visible du Bien ; et le Bien la condition métaphysique du Beau et donc si c&#8217;est bien le cas en même temps source dans l&#8217;inspiration artistique de sa propre expression.</p>
<p><strong>Geoffroy Couteau</strong> ne cherche pas dans ces pièces une quelconque originalité (comme le faisait <strong>Grimaud</strong>), il lit le texte ; mais comme s&#8217;il s&#8217;agissait de la bible.  Il mesure chaque tempo, pèse chaque accord, chante chaque thème avec pour seule ambition : le naturel. Il respire. Noble, soucieux, et même bienveillant, il ne cherche pas la couleur mais seulement la lumière. L&#8217;<em>Intermezzo  Andante</em> qui clôt l&#8217;op. 118 est une prière. Un respect. Chaque retour de thème serre le coeur par ses voix intérieures, par son implacable avancée car la traversée est faite. Rien n&#8217;est brillant ici (et la prise de son pas toujours flatteuse). Rien n&#8217;est chargé. Tout est retenu. Et les mots du pianiste sont à la hauteur de son jeu : « Il me semble qu&#8217;il s&#8217;agit la plupart du temps d&#8217;un dialogue intérieur qui porte un vécu mais ne se met pas en scène. Témoignage très intime, sincère de la difficulté à vivre le mystère de l&#8217;existence, elle n&#8217;en exprime pas pour autant uniquement la souffrance, bien au contraire : certaines pages révèlent une plénitude et une paix intérieure extraordinaires » et c&#8217;est pour cela aussi que <strong>Geoffroy Couteau</strong> prend le temps de poser les silences et d&#8217;écouter chaque harmonie. Et c&#8217;est rare, à notre âge, d&#8217;avoir l&#8217;audace de prendre son temps : j&#8217;en sais quelque chose ! Qui osera lire, écouter, parler. On sait déjà que certains critiques n&#8217;y trouverons pas les gouffres métaphysiques de <strong>Katchen</strong>, les douceurs consolatrices de<strong> Kempf</strong>. Ils y entendront un <strong>Brahms</strong> « frais », pas aboutit, ect&#8230; tout ce qu&#8217;il est convenu et facile de reprocher à notre jeunesse.</p>
<p>Mais ce n&#8217;est pas cela que l&#8217;on cherche : ni métaphysique, ni sagesse ou paix. On perçoit, on éprouve, on formule. Simplement et rien d&#8217;autre. « le chant raisonnable des anges s&#8217;élève du navire sauveur » disait <strong>Rimbaud</strong>. Notre mérite : on sait ou se trouve le navire. Une voix, simple, pure (osons le mot) alors que d&#8217;autres de nos contemporains cherchent, avec un réel bonheur et réussite, l&#8217;artifice (<strong>D.Fray</strong>), la virtuosité (<strong>B. Chamayou</strong>), l&#8217;élégance (<strong>Neuburger</strong>). <strong>Geoffroy Couteau</strong> prend simplement le temps. Parmi le grand bruit et l&#8217;agitation, il murmure l&#8217;<em>Adagio</em> qui ouvre l&#8217;op. 119 (écoutez!). Il ne sera pas entendu, il sera maudit. Mais le souffle reste, le bruit s&#8217;éteint.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Vertige de beauté : dernier concert de Brendel.</title>
		<link>http://qobuz.com/blogs/rodolphebruneau-boulmier/2008/06/03/vertige-de-beaute-dernier-concert-de-brendel/</link>
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		<pubDate>Tue, 03 Jun 2008 13:50:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[    On imagine l&#8217;homme dans sa loge. Il boutonne son impeccable chemise blanche, passe un dernier coup de peigne dans ses cheveux gris, ajuste sa queue-de-pie, vérifie ses boutons de manchette, se regarde dans le miroir et passe le doigt sur ses lunettes : pour la dernière fois de sa vie, Alfred [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>    On imagine l&#8217;homme dans sa loge. Il boutonne son impeccable chemise blanche, passe un dernier coup de peigne dans ses cheveux gris, ajuste sa queue-de-pie, vérifie ses boutons de manchette, se regarde dans le miroir et passe le doigt sur ses lunettes : pour la dernière fois de sa vie, <strong>Alfred Brendel</strong> va jouer à Paris. Et pour faire ses adieux, on a besoin de ses amis. Ceux de <strong>Brendel</strong> sont<strong> Haydn</strong>, <strong>Mozart</strong>, <strong>Beethoven</strong>, <strong>Schubert</strong>. Le maître a donc convoqué ses compagnons de toute une vie pour la soirée.</p>
<p>Ce sont les mélancoliques <em>Variations en fa </em>de <strong>Haydn</strong> qui ouvrent la soirée. Miracles d&#8217;équilibre, de sonorité, de trajectoire. Violence retenue au centre et consolation avec le retour du thème. Puis une sonate de <strong>Mozart</strong>, complexe et contrapuntique. Le pianiste suit comme personne chaque voix, structure et perle chaque thème. On est éblouit par la transparence incandescente du mouvement lent et par l&#8217;équilibre des silences. Puis c&#8217;est le compagnon de vie : <strong>Beethoven</strong> et sa « <em>quasi una fantasia »</em>. Arrachée d&#8217;un geste avec des sonorités lointaines presque imperceptibles, avec une tenue et une énergie. Avec de la juvénilité. <strong>Brendel</strong> chante, danse, impose et commande la beauté.</p>
<p>Ultime récital, ultime sonate de <strong>Schubert</strong>. Contemplation désertique d&#8217;un premier mouvement, désolation glacée du deuxième, résonances métaphysiques du troisième, humour et gouffres du dernier. <strong>Alfred Brendel</strong> a suspendu l&#8217;espace d&#8217;instants quelques thèmes ; il a chanté l&#8217;intimité, il a proposé la grâce. C&#8217;est déconcertant d&#8217;être ainsi face à la beauté, démuni, sans arme pour l&#8217;affronter cette terrible beauté : Le vertige de la beauté. On y laisse des parcelles de son âme, et si comme le dit <strong>Novalis</strong> « <em>rien n&#8217;est plus accessible à l&#8217;esprit que l&#8217;infini</em> », alors <strong>Brendel</strong> a été le messager, le grand messager vers ces contrées.</p>
<p>Et comment parler de cet ultime impromptu de <strong>Schubert</strong>. Le pianiste a levé sa main au ciel, notre coeur était déchiré.</p>
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		<title>Le crétin du public</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Jun 2008 13:33:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
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		<guid isPermaLink="false">http://qobuz.com/blogs/rodolphebruneau-boulmier/2008/06/02/le-cretin-de-public/</guid>
		<description><![CDATA[ Règle n°1 : le crétin du public aime tousser bien fort, sans retenue il exhibe sa grasse toux ; c&#8217;est pour lui un droit, un devoir. Son plaisir est surtout de tousser pendant les moments de silence entre deux thèmes ou lors d&#8217;une subtile modulation (histoire de ne pas la percevoir)
Règle n°2 : Pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> <strong>Règle n°1 : </strong>le crétin du public aime tousser bien fort, sans retenue il exhibe sa grasse toux ; c&#8217;est pour lui un droit, un devoir. Son plaisir est surtout de tousser pendant les moments de silence entre deux thèmes ou lors d&#8217;une subtile modulation (histoire de ne pas la percevoir)</p>
<p><strong>Règle n°2 :</strong> Pour montrer qu&#8217;il a bien compris et entendu la fin du morceau, le crétin du public sera le premier à applaudir. Il ne laisse surtout pas un silence s&#8217;installer, même lorsqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une fin métaphysique comme celle de la <em>Fantaisie </em>de Schumann. Le crétin du public veut être le premier à manifester son enthousiasme.</p>
<p><strong>Règle n°3 :</strong> à l&#8217;entre-acte, le crétin du public allume son portable pour écouter ses messages. Il oublie, naturellement, de le reéteindre pour qu&#8217;il sonne pendant la deuxième partie.</p>
<p><strong>Règle n°4 :</strong> le crétin du public n&#8217;attend jamais la toute fin du concert. Il part généralement avant les derniers « bis ». Même s&#8217;il se trouve en milieu de rangée, il dérange le reste de la file et se précipite vers la sortie pour avoir les premiers métros ou bus et surtout pour ne pas attendre.</p>
<p>Je vous assure : le crétin du public existe !<code></code></p>
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		<title>Promenades : un printemps à Prague.</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Jun 2008 07:37:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[            Prague, ses rues et ruelles doucement colorées, ses places au charme slave, son soleil écrasant d&#8217;Europe centrale, sa montée vers le château, ses toits suspendus, ses clochers arrondis, son fleuve silencieux (la Moldau), le pont Saint Charles (et ses touristes exhibant leurs chairs [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>            Prague, ses rues et ruelles doucement colorées, ses places au charme slave, son soleil écrasant d&#8217;Europe centrale, sa montée vers le château, ses toits suspendus, ses clochers arrondis, son fleuve silencieux (la Moldau), le pont Saint Charles (et ses touristes exhibant leurs chairs flasques), ses pavés sous vos pieds, ses musiciens aux coins des rues ou dans les cafés, cette langue aux accents chaleureux, vos yeux levés au ciel pour l&#8217;architecture, vos visions : <strong>Mozart</strong> se faufile avec <strong>Kafka</strong> dans les impasses, <strong>Dvorak</strong> et <strong>Smetana</strong> chantent accoudés à une terrasse. Prague, un moment de bohème car au sommet de vos tours fiévreuses faiblit maintenant la dernière clarté.</p>
<p>Le soir, sous une chaleur encore envahissante, jambes usées par de longues marches :</p>
<p>Un concert, un chef.</p>
<p>Un orchestre.</p>
<p>Deux oeuvres.</p>
<p><em>Erwartung </em>de Schoenberg, crée ici même par <strong>Zemlinsky</strong>. Et ce soir de mai 2008, avec <strong>Deborah Polaski</strong> (sa tunique noire aux bandeaux ocres et aux manches rouges semble issue d&#8217;un tableau de <strong>Klimt</strong>). Une oeuvre austère, une vison dense, serrée par les interprètes. Des musiciens attentifs, précis et une soprano sombre, à l&#8217;intonation impeccable, au timbre simple, glaciale donc&#8230;expressionniste. Terreur de la découverte d&#8217;un corps dans la forêt pour une fin éthérée, suspendue. Et <strong>Deborah</strong> digne, hiératique.</p>
<p><em>Concerto en ré min de <strong>Brahms</strong></em> avec le méconnu (injustement) <strong>Rudolf Buchbinder</strong> (pianiste remarquable autant pour l&#8217;intensité expressive que pour la maîtrise technique). Et un moment, remarquable d&#8217;entente entre le chef et le pianiste pour une oeuvre donnée d&#8217;un seul trait, inspirée, généreuse, version extérieure – certes -  mais si vivante : jubilation. Peut-on dire que nous avons été ému ? Au risque de déplaire aux critiques rabat-joie. Oui, je le fus.</p>
<p>Un chef ? <strong>Zdenèk Macal</strong>. Homme de tradition, de lyrisme, d&#8217;autorité, d&#8217;humour. Le geste suspendu et précis pour <strong>Schoenberg</strong>, l&#8217;explosion et l&#8217;assurance pour <strong>Brahms</strong>. Une baguette plus expressive que directive.</p>
<p>Un critique rabat-joie ? <strong>Xavier Lacavaleri</strong>e : homme de culture, de plume. Homme savant au jugement argumenté. Le soir même j&#8217;avais décidé d&#8217;avoir une conversation musclée avec le bougon. Car il fait partie de ceux qui disent inlassablement, systématiquement, quotidiennement : « c&#8217;était mieux avant ! ». L&#8217;orchestre était mieux sous le communisme, on chantait mieux du temps de <strong>Stich-Rendall</strong>, on jouait mieux du temps de <strong>Serkin</strong>&#8230;..</p>
<p>Impossibilité de profiter de l&#8217;instant, de la musique. Les paramètres extra-musicaux (économie, marketing,&#8230;) semblent l&#8217;empêcher de savourer maintenant la moindre note de musique. Et la jeunesse, réduite à un lot de « petits-cons », ignares&#8230; Soit. Mais je n&#8217;ai pu admettre la vision d&#8217;un critique qui savait déjà qu&#8217;il n&#8217;allait pas aimer le concert  avant même de l&#8217;entendre ; un journaliste qui bien sur n&#8217;applaudit pas au risque de se fatiguer les mains, fait la mou au moindre décalage qui rend, aussi, la musique vivante&#8230; Un homme passionnant (cf. son livre sur <strong><em>Wagner</em></strong>), mais surtout un critique plus loquasse pour parler gastronomie, un critique qui prône les bonheurs passés mais ne va plus jamais aux concerts&#8230; La conversation fut un rien mouvementée et je n&#8217;ai pas pu retenir cette phrase : « si tous les enjeux économiques et toutes les stratégies nuisent à votre écoute de la musique et si vous êtes incapable de profiter d&#8217;un concert, d&#8217;un instant, c&#8217;est qu&#8217;au fond vous n&#8217;aimez pas la musique. »</p>
<p>Sa réponse : « c&#8217;est peut-être ça » !</p>
<p>Le lendemain, marche matinale avant le retour de la chaleur, attroupement de touristes devant une cristallerie,  fraîcheur aux pieds d&#8217;une église aux couleurs pastels, café sur une place entourée d&#8217;arcades, cartes pour LC**, G**.</p>
<p>Et le visage d&#8217;une serveuse au regard doux, les yeux bleus légèrement bridés et nostalgiques, les cheveux presque auburn. Il suffit de l&#8217;imaginer chantant une <em>dumka</em> et vous avez la définition de cet ineffable charme slave.</p>
<p>Le midi, <strong>Zdenèk Macal</strong> nous invite à déjeuner. Rencontre avec un homme cabotin, le regard bleu (lui aussi) et franc, l&#8217;anecdote facile, la blague assurée. Mais <strong>Macal</strong> est aussi un chef concerné, engagé. Il parle des problèmes de salles de concert en France, évoque l&#8217;administration tchèque et des ses relans de communisme, son admiration pour <strong>Ashkenazy</strong>, son respect pour <strong>Deborah Polasky</strong> arrivant à la dernière minute pour remplacer au pied levé la chanteuse initialement prévue pour <em>Erwartung</em>, son plaisir à diriger les <em>Danses slaves</em> de Dvorak un soir de 31 décembre, ses souvenirs de <strong>Bernstein</strong>, ceux de <strong>Besançon</strong> (qu&#8217;il a remporté) et dont il sera le directeur artistique pour le prochain festival, &#8230;</p>
<p>Je lui parle de l&#8217;orchestration de <strong>Schoenberg</strong>, lui évoque la fin de l&#8217;oeuvre, lui demande combien de fois il a joué le concerto de <strong>Brahms</strong> (c&#8217;était la 25 ème fois avec <strong>Buchbinder</strong>, ce qui explique la complicité) ; je lui demande comment on fait pour apprendre une partition comme Erwartung.</p>
<p>Il répond avec générosité. Il fait partie de ces grands artistes (comme <strong>Horowitz</strong>) qui ne se déplacent pas sans sa femme, vous invite à sa table ou le vin et les bons plats abondent ; il est de ces artistes séducteurs. Et l&#8217;on retrouve dans sa direction le même appétit de vivre, la même volonté de faire « avancer les choses ».</p>
<p>Et puis, le taxi arrive pour vous mener à l&#8217;aéroport. Dernière aventure sur les pavés de Prague avec un chauffeur peu prudent qui conduit à vive allure ; pour quelques journalistes la digestion fut douloureuse !</p>
<p>Et la bohème, un souvenir.</p>
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		<title>Promenades : Créteil Soleil</title>
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		<pubDate>Mon, 26 May 2008 16:13:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Canat de Chizy, Adamek, Lenot, Deshaulle, Mâche, Pesson, Pécou, Schoeller, Hersant, Gagneux, Chauris, Cohen : mes amis du Week-end.
Pas moins de 10 créations, vivantes, en trois jours.
Créteil, 1h30 de trajet pour moi, le bout du monde : la désolation. Traverser « Créteil Soleil », centre commercial, pour atteindre la bien triste Maison des arts. Béton, architectures lourdes, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Canat de Chizy, Adamek, Lenot, Deshaulle, Mâche, Pesson, Pécou, Schoeller, Hersant, Gagneux, Chauris, Cohen : mes amis du Week-end.</p>
<p><strong>Pas moins de 10 créations, vivantes, en trois jours.</strong></p>
<p>Créteil, 1h30 de trajet pour moi, le bout du monde : la désolation. Traverser « Créteil Soleil », centre commercial, pour atteindre la bien triste Maison des arts. Béton, architectures lourdes, massives, grises. Pas d&#8217;horizon. Lieu d&#8217;accostage pour les « îles de découvertes » de <strong>l&#8217;Orchestre national d&#8217;île-de-France</strong>. Salle à l&#8217;acoustique peu flatteuse, le concert débute par Stravinsky et sa danse d&#8217;éléphants. Mais le pire a suivi. La création de la <em>Sinfonietta</em><em> pour timbales et orchestre</em> de Jacques Deshaulle, musicien de l&#8217;orchestre. Si l&#8217;on peut constater un retour des compositeurs instrumentistes (Escaich, Beffa, &#8230;), ce n&#8217;est pas toujours un bonheur. Ici : le comble du ridicule. Une œuvre hybride et mal orchestrée. Trois mouvements bien sûr (vu le titre !) et l&#8217;on passe des souvenirs incertains d&#8217;une musique française, à un lamento vers un catastrophique troisième mouvement avec sons enregistrés, guitare électrique et cadence de timbales. Le compositeur-interprète s&#8217;est écrit son concerto, il s&#8217;est fait plaisir ! Brave homme.</p>
<p>Heureusement le reste du programme était d&#8217;une autre tenue. Les <em>mysteries of the Macabre</em> d&#8217;un Ligeti inventif et comique (avec le son impeccable de David Guerrier), <em>A song of Joys</em> d&#8217;Edith Canat de Chizy toujours à la recherche d&#8217;une matière insaisissable. Mais aussi la découverte, fascinante d&#8217;<em>Ombre Cri</em> d&#8217;Ondrej Adamek. Œuvre grouillante d&#8217;idées, de qualité sonore, de lisibilité de trajectoire. Trompette virtuose dans les aigus, choeur de « silence, silouence, si loin, si loi, sila » et orchestre percussif, nappe de sons inventés. Adamek écrit une histoire. </p>
<p>Le lendemain, au Théâtre de la Ville avec son public bruyant, son milieu musical au grand complet (avec une brochette de collègues) c&#8217;est le prince <strong>Tharaud</strong> qui invente une autre histoire : la confrontation de l&#8217;Histoire. Une première partie consacrée à l&#8217;œuvre pour claviers de Pécou (j&#8217;ai aimé le disque, cf. <em>Classica</em> : moins le concert). Et une seconde partie - à l&#8217;instar d&#8217;une expérience Rameau – confronte sous forme de miroir les <em>Ordres </em>de Couperin avec des pièces commandées pour l&#8217;occasion.</p>
<p>Le bonheur est inégal. Certains compositeurs ne semblent pas s&#8217;être tués à la tâche. Renaud Gagneux se contente de quelques sons de cloches assez sommaires, Philippe Hersant ne prend pas de risque. François-Bernard Mâche se moque avec élégance des ornements de Couperin, Pesson réécrit les silences avec poésie (sauf que le public tousse dans les instants de grâce) et Philippe Schoeller, avec une belle énergie, une rage fulgurante, donne une page bien vivante. Et quelques moments de suspension d&#8217;un pianiste à l&#8217;articulation claire, inventive. Quelques Couperin entendus.</p>
<p>Et dimanche, à nouveau l&#8217;exil vers « Créteil Soleil » pour quelques moments, heureusement, de lumière. <em>Tree Line</em> de Toru Takemitsu à l&#8217;orchestration transparente, fiévreuse d&#8217;attente, les <em>Sept Haikaï </em>de Messiaen déjà classique sous les doigts connaisseurs de <strong>Jean Dubé</strong>. La joie contagieuse de <strong>Jay Gottlieb</strong> pour l&#8217;<em>Eros Piano</em> de John Adams et pour le naufrage du <em>Rivage</em> de Denis Cohen, partition bavarde, confuse, bruyante et souvent agressive. C&#8217;est l&#8217;ami <strong>Yves Chauris</strong> qui donne l&#8217;éclat de la jeunesse avec une partition écrite au conservatoire en 2002. Ce ne sont que l&#8217;urgence de l&#8217;expression, l&#8217;emportement de l&#8217;espoir, la volonté de trouver un chemin qui donnent l&#8217;état de <em>&#8230;Solitude, récif, étoile&#8230;, </em>page inspirée, construite, envolée. Créateur discret, exigent, honnête et soucieux, Yves Chauris sera écouté.</p>
<p>Méandres, non plus attente, mais immanence, discussion nocturne avec LC**�</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Promenades parisiennes : Festival Présences, suite et fin</title>
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		<pubDate>Mon, 19 May 2008 10:21:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Soleil, presque irrévérencieux en ce début mai. Cité de la musique, de jeunes gens, parfois dénudés, allongés sur les pelouses ; d&#8217;autres, rangées de lunettes de soleil, sur la terrasse du café de la musique. Un air, assez prononcé, d&#8217;été. Et un public relativement important pour les concerts du festival Présences. Comme chaque édition : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font face="Times New Roman">Soleil, presque irrévérencieux en ce début mai. Cité de la musique, de jeunes gens, parfois dénudés, allongés sur les pelouses ; d&#8217;autres, rangées de lunettes de soleil, sur la terrasse du café de la musique. Un air, assez prononcé, d&#8217;été. Et un public relativement important pour les concerts du festival <em>Présences</em>. Comme chaque édition : des bonnes et mauvaises découvertes. Mais une certitude, le festival éclaire les affres de la création : entre hybridités et souvenirs nostalgiques de la modernité, entre facilités et banalités.</font><font face="Times New Roman"> </font></p>
<p><font face="Times New Roman">Alors, on oubliera, les courtes pièces de Magnus Lindberg, les <em>Silhouettes</em> (grises et bien monotones) de Yan Maresz pour orchestre à cordes. Mais le pire n&#8217;était pas encore entendu en ce vendredi soir. Rien de honteux pour l&#8217;instant. </font></p>
<p><font face="Times New Roman">Période de cinéma oblige :</font></p>
<p><font face="Times New Roman"><strong>Pour les palmes du plus grand ennui, décorons :</strong></font></p>
<p>- <font face="Times New Roman">Toshi Ichiyanagi pour une partition hasardeuse à tous points de vues&#8230;</font></p>
<p>- <font face="Times New Roman">Olivier Meston avec une interminable pièce pour violoncelle et piano, sans changement de tempo, avec quelques gestes romantiques assez maladroits et bizarrement écrits pour le violoncelle.</font></p>
<p>- <font face="Times New Roman">Jean-Louis Agobet avec <em>Sectio</em> (création mondiale) et son « catalogue d&#8217;effets » aux coups de grosse caisse tapageurs.</font></p>
<p>- <font face="Times New Roman">Le grand prix revient à Jean-Luc Darbellay pour la partition la plus ennuyeuse. Bravo ! Dix minutes annoncées sur le programme sont devenues vingt minutes au concert. Un long moment pour cor (à l&#8217;écriture extrêmement sommaire) et ensemble. On avait déjà eut droit à un concerto pour cor du même Darbellay lors de <em>Présences</em> à Montpellier (je ne comprends pas vraiment les doublons du festival d&#8217;ailleurs ; c&#8217;est la même chose pour Jean-Louis Agobet). Ici, on a retrouvé sans joie les interminables chromatismes retournés, les mêmes jeux d&#8217;échos (enfantins dans la facture), les mêmes gestes grossiers et, j&#8217;ose le mot : de la vulgarité.</font><font face="Times New Roman"> </font></p>
<p><font face="Times New Roman"><strong>La palme du respect revient à :</strong></font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman">François-Bernard Mâche avec ses quarante minutes de musique (<em>Taranis</em> pour récitant, chœur et orchestre). Musique monde qui refait l&#8217;histoire, Cantate spirituelle avec récitant, musique géologique. Travail de titan.</font><font face="Times New Roman"> </font></p>
<p><font face="Times New Roman"><strong>Les palmes de musique poétique reviennent à :</strong></font><font face="Times New Roman"> </font></p>
<p>- <font face="Times New Roman">Philippe Schoeller avec <em>The Eyes of the Wind, </em>pour violoncelle et orchestre. Musique de lumière, d&#8217;attente, d&#8217;écoute.</font></p>
<p> - <font face="Times New Roman">Akira Nishimura pour <em>Corps d&#8217;arc-en-ciel</em>, partition somptueuse, fantaisie contemplative aux couleurs délicates et raffinées. </font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman">Ainsi la création.</font></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Un 8 mai, quelque part</title>
		<link>http://qobuz.com/blogs/rodolphebruneau-boulmier/2008/05/14/un-8-mai-quelque-part/</link>
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		<pubDate>Wed, 14 May 2008 14:24:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://qobuz.com/blogs/rodolphebruneau-boulmier/2008/05/14/un-8-mai-quelque-part/</guid>
		<description><![CDATA[Nous croyons qu&#8217;une fois n&#8217;est pas coutume ; pour cela je vous donne un geste quotidien. En ce 8 mai radieusement ensoleillé, sur une partie de mon bureau, à gauche, une colonne de livres ouverts chaque jour. 
Voilà le rituel :
   Jean-René, l&#8217;indispensable, le 8 mai 1958 :
« Être obligé de repousser ces flots de vie qui vous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font face="Times New Roman">Nous croyons qu&#8217;une fois n&#8217;est pas coutume ; pour cela je vous donne un geste quotidien. En ce 8 mai radieusement ensoleillé, sur une partie de mon bureau, à gauche, une colonne de livres ouverts chaque jour.</font><font face="Times New Roman"> </font></p>
<p><font face="Times New Roman">Voilà le rituel :</font></p>
<p><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font><strong><font face="Times New Roman">Jean-René, l&#8217;indispensable, le 8 mai 1958 :</font></strong></p>
<p><font face="Times New Roman">« Être obligé de repousser ces flots de vie qui vous montent à la tête, comme des flots de sang ; se vider volontairement, se dénouer, se défaire. »</font></p>
<p><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font></p>
<p><font face="Times New Roman"><strong>Jacques, le tourmenté, le 8 mai 1917 </strong>:</font></p>
<p><font face="Times New Roman">« La guerre, dans le domaine de l&#8217;esprit, n&#8217;aura été qu&#8217;une commotion, comme la Révolution. Elle peut en faire tomber quelque chose, comme les fruits d&#8217;un arbre qu&#8217;on secoue. Mais ce sera simplement ce qu&#8217;il portait déjà. L&#8217;esprit seul peut produire de l&#8217;esprit. Tout ce qui le tente et le travaille n&#8217;est que pluie, neige, soleil ou tempête, ne peut que l&#8217;arroser, le mûrir ou l&#8217;ébranler ; mais lui seul crée. »</font></p>
<p><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font><strong><font face="Times New Roman">Jean-Patrick, le social, le 8 mai 1970 :</font></strong></p>
<p><font face="Times New Roman">« Nous ne faisons que travailler. C&#8217;est aussi que nous sommes diminués (harassés) donc moins productifs. Mélissa tape toute la journée, je traduis toute la journée. Nous n&#8217;avons plus un rond. Je tanne Rénova. Demain je passerai chez Lévy. Il est question de 1000 F d&#8217;avance lundi, ce qui serait bien arrangeant. En tout cas, pour ce qui est du travail,  ce mois va être un sacré tunnel. »</font></p>
<p><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font><strong><font face="Times New Roman">Jean-Luc, le sulfureux, le 8 mai 1989 :</font></strong></p>
<p><font face="Times New Roman">« Besançon. 10H30</font></p>
<p><font face="Times New Roman">Soleil</font></p>
<p><font face="Times New Roman">Suis rentré à Paris. J&#8217;abandonne un peu ce cahier. Est-ce que je sais ? Je ne crois pas à grand chose.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">Lecture : <em>Un thé au Sahara</em> de Paul Bowles</font></p>
<p><font face="Times New Roman">Travail sur <em>Les Adieux</em>.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">Refusé à la Villa Médicis. Olé !</font></p>
<p><font face="Times New Roman">Quelques séducteurs encore. Je croise Ron parfois. On parle, on rit.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">C&#8217;est difficile ! Est-ce que je sais ? »  </font></p>
<p><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font><strong><font face="Times New Roman">Gérard, le précis, le 8 mai 1998 :</font></strong></p>
<p><font face="Times New Roman">« Acheté un bouquet de lilas à l&#8217;homme qui se poste tous les ans place de la Bastille, devant la banque de France. N&#8217;ai travaillé à rien ni rien lu parce que je suis resté effrayé par ce cortège de terreur des beaux jours. Qu&#8217;a pu donc être au jour le jour la conscience solitaire de Brahms ? »</font></p>
<p><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font><strong><font face="Times New Roman">Eugène, le soucieux, le 8 mai 1855 :</font></strong></p>
<p><font face="Times New Roman">« J&#8217;écris à Dutilleux :</font></p>
<p><font face="Times New Roman">Mon cher ami quand j&#8217;ai vu avant-hier dans vos mains et sous vos yeux la petite esquisse de <em>Tobie</em>, elle m&#8217;a paru misérable, quoique cependant je l&#8217;eusse faite avec plaisir. Enfin, quoi qu&#8217;il en soit de cette impression, je me suis rappelé après votre départ que vous aviez regardé avec plaisir le <em>Petit lion </em>qui était sur un chevalet. Je souhaite bien ne pas me tromper en pensant qu&#8217;il a pu vous plaire : je vous l&#8217;aurais envoyé tout de suite sans les petites touches nécessaires à son achèvement et que j&#8217;ai faites hier. Recevez-le avec le même plaisir que j&#8217;ai à vous l&#8217;envoyer, et vous me rendrez bien heureux.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">Il est encore frais dans certaines parties : évitez la poussière pendant deux ou trois jours. »</font></p>
<p><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font><strong><font face="Times New Roman">Virginia, la douce mélancolique, le  8 mai 1897 :</font></strong></p>
<p><font face="Times New Roman">« Nessa, Georgie et moi sommes allés le matin à la banque chercher la coffre de Stella &amp; Jack. En cours de route, un fiacre s&#8217;est retourné dans Piccadilly – je l&#8217;ai vu suspendu entre ciel et terre – le cheval décollant du sol et le cocher bondissant de son siège. Heureusement ni le cheval ni le cocher n&#8217;eurent de mal, en revanche la voiture était hors d&#8217;usage – j&#8217;ai ensuite à nouveau trouvé moyen d&#8217;apercevoir un homme en train de se faire écraser par un omnibus, mais de Piccadily Circus où nous étions, il  était impossible de distinguer les détails. »</font></p>
<p><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font></p>
<p><font face="Times New Roman">Huguenin, Rivière, Manchette, Lagarce, Pesson, Delacroix et Woolf ont vécu un 8 mai sur terre. Et chacun, par ce que les affres de la création sont au centre de leur vie, utilise le journal comme confident, conseillé, ami. Consignation scrupuleuse, impossibilité de tout dire. Jean-René Huguenin veut changer de peau avec le printemps, Jacques Rivière souffre dans un camp de prisonnier, Jean-Patrick Manchette pense déjà à sa fin de moi, Jean-Luc Lagarce ne supporte plus l&#8217;insolente beauté des garçons, Gérard Pesson souffre de sa passivité, Eugène Delacroix ne veut plus de l&#8217;inachèvement et Virginia Woolf arpente les rues&#8230;. et chacun pense à son œuvre.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">Et vous ? </font></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Une journée avec Pascal</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Apr 2008 16:02:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[    
« Etre snob, c’est se condamner à &#8220;avoir l’air&#8221; plutôt que d’être. »
Une amie !
   
Dusapin. Midi. Une étude pour piano, lundi, à l’Opéra Comique, par l’ami David Violi. Après l’Op. 110 de Beethoven inspiré et des Debussy colorés (quelques études et l’Isle Joyeuse), l&#8217;Etude n° 6 de Dusapin. Etude sur un temps figé, sur l’immobilité jusqu’à l’implosion. Avec [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>    </p>
<p align="right"><em>« Etre snob, c’est se condamner à &#8220;avoir l’air&#8221; plutôt que d’être. »</em></p>
<p align="right">Une amie !</p>
<p>   </p>
<p>Dusapin. Midi. Une étude pour piano, lundi, à l’Opéra Comique, par l’ami David Violi. Après l’Op. 110 de Beethoven inspiré et des Debussy colorés (quelques études et l’<em>Isle Joyeuse</em>), l&#8217;Etude n° 6 de Dusapin. Etude sur un temps figé, sur l’immobilité jusqu’à l’implosion. Avec élégance, le compositeur tourne autour d’une harmonie, sans jamais user ni l’idée, ni le geste. Comme chacune des études, celle-ci est dense, construite. Etude du son et de la durée stagnante.</p>
<p>Dusapin. Soir. <em>Roméo et Juliette </em>à l&#8217;Opéra Comique. Et le Paris musical défile. Marie-Aude Roux et son inaltérable chignon, Nicolas D&#8217;Estienne d&#8217;Orves avec son gilet et son écharpe rouge, l&#8217;inusable et rock’n roll Elisabeth Chojnacka, Eric Naulleau en compagnie d&#8217;Elisabeth Quin, Juliette Deschamps avec CDP**, R** avec M**&#8230;</p>
<p>Tout ça pour ça : une mise en scène assez réussie mais une musique pâle et un livret prétentieux. « Nous ne voulions pas de drame entre les personnages seulement un drame entre le texte et la musique » écrit Pascal Dusapin. Certes, mais il est sans doute plus facile de ne pas faire d&#8217;action, plutôt qu&#8217;une. Alors Dusapin/Cadiot font semblant. On fait croire à une histoire, on vous fait croire que c&#8217;est intelligent mais aussi&#8230;. drôle. Tant qu&#8217;à faire.</p>
<p>Certaines scènes sont interminables, d&#8217;autres gâchées par un livret boursouflé, le travail d&#8217;orchestre presque inexistant et les facilités : envahissantes. Oui, c&#8217;est le Dusapin des années 80 – sans doute autre aujourd&#8217;hui –  il fallait faire l&#8217;intello, le drôle&#8230;</p>
<p>Dommage, car la mise en scène propose quelques idées, l&#8217;utilisation de l&#8217;électronique comme prolongement des voix ou de l&#8217;orchestre est également bien faite. Mais, convoquer l&#8217;Amour, la Mort, l&#8217;Humour, l&#8217;Absurde, le Philosophique&#8230;. c&#8217;est, comme dit une amie, « se condamner &#8220;à avoir l&#8217;air&#8221; plutôt que d&#8217;être » : un poil snob !</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Suspension, sourire&#8230; et conversations</title>
		<link>http://qobuz.com/blogs/rodolphebruneau-boulmier/2008/04/28/suspension-sourire-et-conversations/</link>
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		<pubDate>Mon, 28 Apr 2008 16:19:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[  
Ainsi donc :
après une semaine radiophonique, un éclair de printemps.
Et,
quelques pas de danse pour croire à la légèreté : deux ballets de Mats Ek à Garnier. Le premier, La Maison de Bernarda, froid, calculé, un peu long. Sans doute sinistre, parfois kitch. Notamment le duo avec le Christ. Mais le deuxième, Une Sorte de&#8230; : vivant, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font></p>
<p><font face="Times New Roman">Ainsi donc :</font></p>
<p><font face="Times New Roman">après une semaine radiophonique, un éclair de printemps.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">Et,</font></p>
<p><font face="Times New Roman">quelques pas de danse pour croire à la légèreté : <strong>deux ballets de Mats Ek</strong> à Garnier. Le premier, La <em>Maison</em><em> de Bernarda</em>, froid, calculé, un peu long. Sans doute sinistre, parfois kitch. Notamment le duo avec le Christ. Mais le deuxième, <em>Une Sorte de&#8230; </em>: vivant, drôle. Deux couples égarés, réconciliés et entrecoupés par la fureur de la ville. Nolwenn Daniel, pliée dans une valise ; Nicolas Le Riche, les bras levés vers un ciel. Miteki Kudo épuisée par une danse avec Benjamin Pech. Une femme passe la serpillère : désespérée. Et la foule, rythmée, bouillonnante et imagée par Mats Ek. Les hommes se déchirent, s&#8217;entraident. Ils font semblant, marionnettes d&#8217;une société un peu folle. Et les idées ! L&#8217;espace, la lumière&#8230; Puis le rideau se referme, l&#8217;homme lève ses mains vers le ciel, elle – si frêle –  ne le rejoindra pas et reste du côté de la ville car la porte de l’intérieur est infranchissable. Puis : sommeil. Et si cela n&#8217;était qu&#8217;un rêve. Nicolas Le Riche se couche. D&#8217;ailleurs, c’est bien lui – au détour d&#8217;un saut –, qui propose une définition de la grâce par sa suspension. C’est donc un rêve.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">F**, à mes côtés, reste de marbre. Elle n&#8217;applaudira pas la performance : ces jeunes gens saluent ; il ne reste plus que quelques éphémères et radieuses images de leurs pas sur la scène. </font></p>
<p><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font></p>
<p><font face="Times New Roman">Et,</font></p>
<p><font face="Times New Roman">un livre. Un poème. Un reste de vie, un souvenir. <strong>Philippe Jaccottet</strong> ne laisse presque plus rien. Fragments, étirés, retirés d’un imaginaire encore foisonnant. Quelques images (« <em>Paroles tenant à la terre par leur tige invisible </em>»), les mémoires et les obituaires de ses amis disparus. <em>Ce peu de bruit, </em>est une musique silencieuse. Et pourtant, tout est doux, savoureux : <em>cette sorte de sourire que sont parfois aussi les fleurs, au milieu des herbes graves</em>. Le sourire de Philippe Jaccottet est mélancolique, mais c’est un sourire. Il propose car il sait que là où tout se fige : il faut savourer l&#8217;image. Il regarde et contemple. Le temps. Car il sait exactement ce qu’il a tant de fois ressenti et essayé de dire : un creusement de l’espace-temps jusqu’à l’infini. Calme lecture.</font></p>
<p><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font></p>
<p><font face="Times New Roman">Et,</font></p>
<p><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font></p>
<p><font face="Times New Roman">longue discussion avec J**. Café avec B**, radieuse et drôle. Le soleil dans ses cheveux. Quelques phrases échangées avec G**.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">Et,</font></p>
<p><font face="Times New Roman">&#8230; </font></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Vous êtes poètes</title>
		<link>http://qobuz.com/blogs/rodolphebruneau-boulmier/2008/04/14/vous-etes-poetes/</link>
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		<pubDate>Mon, 14 Apr 2008 13:51:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[    « C&#8217;est un rêve modeste et fou
 il aurait mieux valu le taire 
vous me mettrez avec en terre
comme une étoile au fond d&#8217;un trou. » 
Aragon   
            Il n&#8217;y a pas besoin d&#8217;écrire des poèmes pour être poète. C&#8217;est seulement une voie de la perfection par la contemplation. Est poète celui qui écoute, voit, entend. Celui qui attend [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="right"> <font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font><em><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman">« C&#8217;est un rêve modeste et fou</font></em></p>
<p align="right"><em><font face="Times New Roman"> </font></em><em><font face="Times New Roman">il aurait mieux valu le taire </font></em></p>
<p align="right"><font face="Times New Roman"><em>vous me mettrez avec en terre</em></font></p>
<p align="right"><font face="Times New Roman"><em>comme une étoile au fond d&#8217;un trou. »</em> </font></p>
<p align="right"><font face="Times New Roman">Aragon</font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font></p>
<p><font face="Times New Roman">            Il n&#8217;y a pas besoin d&#8217;écrire des poèmes pour être poète. C&#8217;est seulement une voie de la perfection par la contemplation. Est poète celui qui écoute, voit, entend. Celui qui attend et ce souvient d&#8217;un temps immémorial. C&#8217;est une forme de la création : une certitude. La poésie est un indispensable artifice de la vie car c&#8217;est écrire autre chose, voir au-delà d&#8217;un chemin ; c&#8217;est dépasser une technique. Une façon de vivre : à côté. S&#8217;inscrire dans la pensée de l&#8217;immédiat, une raison de l&#8217;admiration. C&#8217;est considérer d&#8217;aller vers la connaissance, mais aussi l&#8217;impossibilité, l&#8217;impuissance même d&#8217;un homme face au monde, à ce monde. Comme s&#8217;il suffisait d&#8217;aller vers l&#8217;inachevé en tenant, avec peu de bruit, un journal du quotidien. </font></p>
<p><font face="Times New Roman">Domaine personnel, le poète est aussi celui qui laisse le mystère sur sa vie, celui qui ne guérit jamais de sa jeunesse, celui qui note une phrase sur un bout de papier, un coin de table. Blessure mystérieuse, révélation simultanée de la vie et de la mort, de l&#8217;instant et du temps éternel. N&#8217;est-ce pas aussi et surtout le désespoir de l&#8217;impossibilité, de l&#8217;impuissance.  </font></p>
<p><font face="Times New Roman">En fait, le poète : c&#8217;est l&#8217;écolier chassé qui pleure dans les blés car l&#8217;oiseau qu&#8217;il désire ne veut pas se poser. </font></p>
<p><font face="Times New Roman">            Je suis d&#8217;accord avec vous, c&#8217;est aussi une superficialité, un maniérisme. Libre de préciosité et qui nous dit la vie, le regret. Obsessions complexes. Cohérence profonde, avec ses horizons successifs. Pour vous, pour moi, c&#8217;est croire à la beauté d&#8217;une lumière sur la carrosserie d&#8217;une voiture, c&#8217;est un livre abandonné sur un canapé, une rangée d&#8217;âmes le long de la corniche, l&#8217;une prête à bondir, l&#8217;autre presque enchaînée. Souvenir d&#8217;une première fois, d&#8217;une caresse. Se dire que le quotidien peut-être poésie. C&#8217;est cela le poète. Aragon – Char – Rimbaud – Jacob - &#8230; il seraient morts pour donner une définition de la poésie. Mais ils ne furent pas seuls.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">Nous sommes. </font></p>
<p><font face="Times New Roman">Poète : don mystérieux, sceau des puissances supérieures. </font></p>
<p><font face="Times New Roman">Poète : une infirmité ou une malédiction.  </font></p>
<p><font face="Times New Roman">Poésie : liaison particulière entre les diverses vies qui composent notre vie, et ces liaisons sont un devenir, une résonance intérieure, peut-être même le goût de soi-même.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">Oui. </font></p>
<p><font face="Times New Roman">Oui, la poésie est l&#8217;émotion centrale. Croire au ciel bleu, à l&#8217;amitié de G**, au désarroi de A**, aux doutes de F**, aux silences de J**,&#8230; lever sa voix parmi ces chants tenus par des hommes. C&#8217;est espérer le bonheur dans un temps ou l&#8217;on ne peut pas être heureux. « Le bonheur existe, et j&#8217;y crois », disait Aragon. C&#8217;est un cri de la douleur contre ce qui menace et massacre le bonheur. Comment ne l&#8217;entendrait-on pas ? Pour écrire qu&#8217;«il n&#8217;y a pas d&#8217;amour heureux», il a fallu simplement avoir une haute idée de l&#8217;amour. Nous ne l&#8217;avons pas forcément. Ce bonheur auquel il nous demande de croire, ce n&#8217;est ni l&#8217;amour, ni un fait véritable. C&#8217;est la poésie même.  </font></p>
<p><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>C&#8217;est un espoir</title>
		<link>http://qobuz.com/blogs/rodolphebruneau-boulmier/2008/04/11/cest-un-espoir/</link>
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		<pubDate>Fri, 11 Apr 2008 15:37:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[G**, l&#8217;amitié
L**, l&#8217;impossibilité
A**, l&#8217;envie
F**, l&#8217;incertitude
J**, l&#8217;absence
R**, l&#8217;inquiétude
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font face="Times New Roman">G**, l&#8217;amitié</font></p>
<p><font face="Times New Roman">L**, l&#8217;impossibilité</font></p>
<p><font face="Times New Roman">A**, l&#8217;envie</font></p>
<p><font face="Times New Roman">F**, l&#8217;incertitude</font></p>
<p><font face="Times New Roman">J**, l&#8217;absence</font></p>
<p><font face="Times New Roman">R**, l&#8217;inquiétude</font></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>À la lumière croire</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Apr 2008 15:35:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[            C&#8217;est un homme, plié par les malheurs, de la même façon que G** me parle des siens, avec sincérité, amitié. C&#8217;est un homme qui voudrait à la lumière croire. Ses mains le long des barreaux, son regard rivé vers un semblant de ciel. Le souvenir d&#8217;une voix maternelle. Un ange. Elle lui dit que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font face="Times New Roman">            C&#8217;est un homme, plié par les malheurs, de la même façon que <strong>G**</strong> me parle des siens, avec sincérité, amitié. C&#8217;est un homme qui voudrait à la lumière croire. Ses mains le long des barreaux, son regard rivé vers un semblant de ciel. Le souvenir d&#8217;une voix maternelle. Un ange. Elle lui dit que le soleil de vie s&#8217;est retiré de son corps : mon Dieu qu&#8217;il est blême ! Nul miroir pour voir la mort pâle. Il y a sans doute de quoi rire, croyez-moi. Mais ces barreaux, noirs, enlacés, froids pour un moment. Ce corps suspendu. </font></p>
<p><font face="Times New Roman">Le temps a lâché ses mailles et il ne reste plus que lui : <strong>l&#8217;espoir.</strong> Par un souffle retenu, il se tient sur le seuil de la vie et de la mort ; les yeux baissés les mains vides. Et la mer dont le bruit ne rend jamais ses noyers, son âme dispersée après lui, ses rêves broyés. Mais il espère. C&#8217;est pour cela que l&#8217;homme vit. Il espère. </font></p>
<p><font face="Times New Roman">Espoir sans raison. Ses amis sont des bourreaux, des gardiens d&#8217;enfer. Sa musique : son cœur qui par quatre fois ne s&#8217;arrête pas de battre. Avec violence. Déchirée, lyrique et désespérée : sa musique. Il entend ces voix denses et ces paroles sèchent comme le bêton à sa lèvre humide. La lumière reflet de ses songes. Allongé, assoupi, aux marges d&#8217;une vie, il chante. Il n&#8217;a plus rien : il chante. C&#8217;est <strong><em>Le Prisonnier</em> de Luigi Dallapiccola.</strong> Si beau. <strong>A**,</strong> pour qui c’est la première fois, n’en reviendra pas. </font></p>
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		<item>
		<title>Promenades d&#8217;une semaine parisienne</title>
		<link>http://qobuz.com/blogs/rodolphebruneau-boulmier/2008/04/07/promenades-dune-semaine-parisienne/</link>
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		<pubDate>Mon, 07 Apr 2008 15:20:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[
Ce n&#8217;est pas chose simple que de donner une dimension aux Impromptus de Schubert ; une grande, une vraie. Ce lundi soir, Philippe Cassard a tenté ; il a réussi. Parce qu&#8217;il prend son auditeur et ne le lâche pas. Parce qu&#8217;il propose, chante, impose. Philippe Cassard nous mène, à chaque instant, sur les bords [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font face="Times New Roman"></font></p>
<p><font face="Times New Roman">Ce n&#8217;est pas chose simple que de donner une dimension aux <em>Impromptus</em> de Schubert ; une grande, une vraie. Ce <strong>lundi soir, Philippe Cassard</strong> a tenté ; il a réussi. Parce qu&#8217;il prend son auditeur et ne le lâche pas. Parce qu&#8217;il propose, chante, impose. Philippe Cassard nous mène, à chaque instant, sur les bords d&#8217;une frontière, sur les limites d&#8217;une contrée obscure dont les confins sont ceux de la rupture. Ces paysages expressionnistes, grimaçants, douloureux. Plus d&#8217;une fois, on risque, on tente. Le son, à la limite de saturer, le pianiste de craquer, l&#8217;auditeur de fuir. Mais, par miracle, Cassard réconforte et se rachète. </font></p>
<p><font face="Times New Roman">Par instant, il console. Sauvé, soulagé, meurtri : on accepte la confidence. La <em>Sonate D</em><em> 959</em>, jouée en deuxième partie, est moins aboutie, moins pensée ; alors les traits sont forcés, parfois déformés. Cassard est l&#8217;homme qui nous fait cheminer vers les frontières, il danse sur ces limites fébriles, sensibles, incertaines. Jamais il ne les franchit : il reste l&#8217;équilibriste. </font></p>
<p><font face="Times New Roman">C&#8217;était un lundi soir au Théâtre des Champs-Elysées.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">Le lendemain, même lieu avec un autre pianiste. On a peine à croire qu&#8217;<strong>Aldo Ciccolini</strong> a 83 ans. Il chante son Schubert avec coquetterie, afféterie parfois. Il tient ses <em>Tableaux d’une exposition</em> avec force et vigueur. La grande porte de Kiev s’ouvre sur un jardin féerique. Aldo impressionne par ses ressources sonores. Pas de faiblesse ; la certitude de ce qu&#8217;il doit dire. Il dit, il partage. Implacable, le pianiste donne. Et le cœur se serre lors d&#8217;un bis (<em>Nocturne</em> de Chopin), sucré, doux, renversant. Et le public a rêvé l&#8217;espace d&#8217;un instant ce <strong>mardi soir.</strong></font></p>
<p><strong></strong></p>
<p><font face="Times New Roman"><strong>Mercredi</strong> : les deux magots. Le prix littéraire revient à <strong>André Tubeuf</strong> pour l&#8217;<em>Offrande musicale</em>. Dans le café, bondé, un pianiste un peu perdu (aussi) me parle de Stockhausen. J&#8217;écoute.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">Dîner avec AK** ; elle me dit ne plus croire en les évangiles. Elle m&#8217;écoute, elle est ma bienveillante.</font></p>
<p><font face="Times New Roman"><strong>Jeudi matin</strong>, au CNR, un colloque sur <strong>Mai 68</strong> et la musique : un bastion de résistants pense avoir fait la révolution. Renaud Gagneux ne s&#8217;en est pas remis, Alain Louvier croit ironiser, François Nicolas analyser. Utopies. Parfois ridicules. On ne devrait pas parler du passé, de l&#8217;Histoire.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">Déjeuner avec J** ; il me conforte dans l&#8217;idée de faire un voyage seul au Sénégal. Il le faisait à mon âge. On parle de Senghor qu&#8217;il apprenait de mémoire. </font></p>
<p><font face="Times New Roman">Une femme manque une marche et choit.</font></p>
<p><font face="Times New Roman"><strong>Jeudi soir</strong> : F** m&#8217;invite aux Ballets de l&#8217;opéra. Initiation. <strong>Balanchine, Noureev et Forsythe.</strong> Belle austérité de Balanchine, classicisme coloré de Noureev, énergie inventive de Forsythe. Histoires de corps, de groupes, de gestes. Pas d&#8217;argument, ni d&#8217;artifice chez Balanchine, fresque narrative chez Noureev, danses multipliées et lumières foncées pour Forsythe. Les reflets chavirent; vélocité d&#8217;un corps, poésie d&#8217;un pas, souvenir d&#8217;un geste. Un homme court à en mourir et son cœur bat ah comme il bat. Je pense aux cœurs courageux, transpirants, courageux comme ces femmes. Pour nous qui n&#8217;avons pas de mots, pas de geste, distinguant ces lumières fugitives, ces halos qui sautent, il faut donc en tout cas que cet homme qui court soit une image. C&#8217;était jeudi à la Bastille.</font></p>
<p><font face="Times New Roman"><strong>Samedi</strong>, de retour de la douce Suisse, je retrouve avec AK** le jeune <strong>Aldo</strong> pour 3 concertos, pas moins. C&#8217;est avec la même concentration et la même certitude que <strong>Ciccolini</strong> enchaîne le double de Poulenc, le quatrième de Saint-Saëns, et celui de Schumann. Plénitude du son, énergie des attaques (on croirait entendre des trompettes dans son thème du dernier mouvement), prouesses techniques, suavité de certaines phrases. Son concerto de Schumann est serein, articulé, parfait et fasciné par ses réponses. Une leçon vivifiante de beauté qui justifie notre passage sur cette planète. Un rêve.</font></p>
<p><font face="Times New Roman"><strong>Dimanche</strong>, gris alors que le lac Léman, hier, portait son soleil comme un miroir, chantait son printemps. Un café avec A**, il me parle simplement de : sa vie. L’inconnu porte l&#8217;espoir. Comme sur le quai désert, la Seine dépliée (il me dit qu&#8217;il se plie à ses rêves) ; un mouchoir bleu sur le macadam. Paris sous la pluie.</font></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Il paraît que :</title>
		<link>http://qobuz.com/blogs/rodolphebruneau-boulmier/2008/03/25/il-parait-que-2/</link>
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		<pubDate>Tue, 25 Mar 2008 14:41:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[- Le printemps est là!
- Hélène Grimaud élève des poissons rouges en Allemagne.
- Les chœurs de Radio France sont d&#8217;une grande précision.
- Anna Gavalda écrit un livret d&#8217;opéra pour Pascal Dusapin.
- La prochaine leçon de Jean-François Zygel sera : « Analyse du sérialisme à Darmstadt en juillet 1963 ».
- La création est la priorité du service public.
- [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font face="Times New Roman">- Le <strong>printemps</strong> est là!</font></p>
<p><font face="Times New Roman">- <strong>Hélène Grimaud</strong> élève des poissons rouges en Allemagne.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">- Les <strong>chœurs de Radio France</strong> sont d&#8217;une grande précision.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">- <strong>Anna Gavalda</strong> écrit un livret d&#8217;opéra pour Pascal Dusapin.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">- La prochaine leçon de <strong>Jean-François Zygel</strong> sera : « Analyse du sérialisme à Darmstadt en juillet 1963 ».</font></p>
<p><font face="Times New Roman">- La <strong>création</strong> est la priorité du service public.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">- <strong>L**</strong> n&#8217;attend rien d&#8217;autrui.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">- L&#8217;on connaît bien, en France, la musique <strong>d&#8217;Hosokawa</strong>.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">- <strong>Jean-Yves Thibaudet</strong> va jouer la sonate de Barraqué (et celles de Boulez en complément).</font></p>
<p><font face="Times New Roman">- L&#8217;on récite toujours des <strong>poèmes</strong>, ici et ailleurs.</font><font face="Times New Roman"> </font></p>
<p><font face="Times New Roman"><strong>Nos rêves ont la vie dure (?)</strong></font></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Luca Francesconi se souvient</title>
		<link>http://qobuz.com/blogs/rodolphebruneau-boulmier/2008/03/25/luca-francesconi-se-souvient/</link>
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		<pubDate>Tue, 25 Mar 2008 14:34:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[ Les mesures du temps doivent sans doute au passé. Pas à pas, elles nous projettent vers un inachevé. Ce n&#8217;est qu&#8217;une aventure, à nous d&#8217;en jouer le jeu. Si notre mémoire est démentielle, si nos pèlerinages dans ces contrées heureuses et passées sont quotidiens, d&#8217;autres (sans doute plus avisés) avaient prôné une rupture. Elle a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font face="Times New Roman"><a href="http://qobuz.com/blogs/rodolphebruneau-boulmier/files/2008/03/francesconi1.jpg" title="francesconi1.jpg"><img src="http://qobuz.com/blogs/rodolphebruneau-boulmier/files/2008/03/francesconi1.jpg" alt="francesconi1.jpg" /></a> Les mesures du temps doivent sans doute au passé. Pas à pas, elles nous projettent vers un inachevé. Ce n&#8217;est qu&#8217;une aventure, à nous d&#8217;en jouer le jeu. Si notre mémoire est démentielle, si nos pèlerinages dans ces contrées heureuses et passées sont quotidiens, d&#8217;autres (sans doute plus avisés) avaient prôné une rupture. Elle a eu lieu, parfois avec bonheur. Mais certains, aujourd&#8217;hui encore, ne quittent plus ces paysages désolés, barricadés. Et l&#8217;Ircam, parfois les confortent. <strong>Luca Francesconi</strong>, lui, se souvient. Sa mémoire n&#8217;est que souvenir précis, choisi, et non cauchemars envahissants. </font></p>
<p><font face="Times New Roman">Qu&#8217;il se réclame comme le successeur de la « génération des pères » (Boulez, Berio et Maderna avec lesquels il étudia, ou Stockhausen) : c&#8217;est un fait. Réel, indéniable. Il en garde les tics, les gestes. Mais son enjeu, car l&#8217;homme est sans doute malin, serait : la « mémoire-séduisante ». Il y a chez lui cette noble volonté de la construction d&#8217;un sens, d&#8217;un langage oserait-on dire. L&#8217;auditeur ne se perd jamais car si par absence un paysage aride se pointe, aussitôt <strong>Francesconi</strong> vous rassure. Vous séduit. Diable d&#8217;italien, beau parleur ! </font></p>
<p><font face="Times New Roman">La demi-heure d&#8217;<em>Etymo</em> passe et fascine parce que voix, électronique et ensemble ne font qu&#8217;un. Et Baudelaire, comme un Dieu, survient à la fin. <em>Da capo</em> a quelques harmonies suaves, consolatrices. <em>A Fuco</em> pour guitare et ensemble avance, volubile et virtuose. Limpide et claire, sa musique est un beau compromis (sans démagogie) pour une synthèse postmoderne. Ce disque s’écoute sans ennui, c’est en fait assez rare. Doucement, Francesconi reconstruit. On suit. </font></p>
<p><strong><em>Etymo - Da Capo - A fuoco - Animus </em>(Kairos)</strong><strong>Luca FRANCESCONI</strong><strong><strong>Ircam</strong><strong><br />
<strong>Ensemble intercontemporain</strong><br />
<strong>Susanna Mälkki, direction </strong></strong></p>
<p><strong> </strong> <font face="Times New Roman"> </font></p>
<p></strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Promenade lyonnaise : voyage au Japon</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Mar 2008 11:57:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[           
   Le Curlew River de Benjamin Britten, mis en scène par Olivier Py, est sobre et sombre. On retrouve l&#8217;univers du Tristan qu&#8217;Olivier Py avait mis en scène à Genève. Un décor noir, vertical ébloui de temps à autre par un voile blanc, fugitif et immatériel. Chaque protagoniste est vêtu d&#8217;un noir, intense et charnel. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font face="Times New Roman"> <font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman">         </font></font></p>
<p><font face="Times New Roman"><font face="Times New Roman">   </font>Le <em><strong>Curlew River</strong> </em>de Benjamin Britten, mis en scène par <strong>Olivier Py</strong>, est sobre et sombre. On retrouve l&#8217;univers du <em>Tristan </em>qu&#8217;<strong>Olivier Py</strong> avait mis en scène à Genève. Un décor noir, vertical ébloui de temps à autre par un voile blanc, fugitif et immatériel. Chaque protagoniste est vêtu d&#8217;un noir, intense et charnel. <strong>Olivier Py,</strong> on le sait, est fasciné par le corps des hommes : il sculpte, architecture et construit l&#8217;espace scénique par les chanteurs. Rien n&#8217;est gratuit, chacun trouve sa place sur scène. Le rôle de la Folle, par le somptueux <strong>Michael Slattery</strong> (qui se révèle meilleur acteur que chanteur) n&#8217;est pas envahissant mais toujours mobile, expressif. </font></p>
<p align="center"><font face="Times New Roman"><strong>Uniquement des voix d&#8217;hommes</strong></font></p>
<p><font face="Times New Roman">Et puisque la scène du Théâtre des Célestins est petite, <strong>Py </strong>utilise les hauteurs et profondeurs avec un jeu d&#8217;acteurs parfait, vivant. L&#8217;espace est occupé, l&#8217;œil ne s&#8217;ennuie jamais. Et la musique, alors que j&#8217;étais assis sur un côté de la salle et dans l&#8217;impossibilité de lire les sous-titres ; la musique suffisait. Âpre, nue. Peu de chose entre un souvenir de psalmodie grégorienne et un lyrisme contenu. Quelques harmonies frustes, rudes, parfois orientalisantes. Peu d&#8217;instruments, et tous présents sur scène : un défi. Une heure, uniquement des voix d&#8217;hommes (Britten écrit à merveille), pour une musique composée en 1964, presque dix années après un séjour à Tokyo car tout artiste, un rien mystique - Claudel par exemple -, est attiré par le nô japonais lors d&#8217;un séjour. La découverte est toujours forte, par son aspect dépouillé, par le rituel et la pureté de l&#8217;action, de l&#8217;âme. </font></p>
<p><font face="Times New Roman"><em><strong>Curlew River</strong></em> est une histoire ou l&#8217;allégorie devient réalité, ou la musique devient l&#8217;action, ou les chanteurs deviennent des moines, des frères dans la communion. La première eut lieu dans une église, à Oxford. Oratorio, opéra ? Sacré, profane ? Est, ouest ? Parabole d&#8217;église, c&#8217;est ce que voulait le compositeur. Sublime. Dans le sens ou cela élève l&#8217;esprit. Poignant de simplicité, nudité tragique.  </font></p>
<p align="center"><font face="Times New Roman"><strong>L&#8217;odyssée de l&#8217;espace</strong></font></p>
<p><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman">            <strong>Deuxième soir :</strong> pluie sur Lyon, son avenue de la République, ses commerces et son opéra, curieux mélange de modernité et d&#8217;académisme. Un lieu noir, branché et moderne ; les couloirs font penser à ceux d&#8217;une boîte de nuit, et l&#8217;intérieur de la salle : 2001, l’odyssée de l&#8217;espace. Nous prenons place, <em>A**</em> et moi, dans le vaisseau, des lumières oranges clignotent pour un décor futuriste. Mais c&#8217;est la poésie de<strong> Peter Eötvös</strong> qui fait effet : une mise en scène minimaliste pour un opéra, <em><strong>Lady Sarashina</strong></em>, raffiné, coloré. </font></p>
<p><font face="Times New Roman">C&#8217;est d&#8217;abord l&#8217;esthétique générale qui séduit : la beauté des costumes mise en valeur par une lumière subtile et précise. Tons pastel, lissés, stylisés dont les reliefs, un rien rêveurs, s&#8217;extraient du décor minimaliste. Rien n&#8217;est laissé au hasard. Et la musique, avec un orchestre savamment spécialisé, dosé, et une écriture vocale souple et lyrique sans démagogie, renforce l&#8217;idée de rêve. Onirique, l&#8217;œuvre est belle, séduisante.<strong> </strong></font><font face="Times New Roman"><strong>Peter Eötvös,</strong> l&#8217;un des compositeurs emblématique de notre époque, poursuit sa quête d&#8217;une musique naturelle, cosmique, inventive. Le livret, sans véritable action - une suite de tableaux poétiques - vous laisse un peu extérieur, mais peu importe. L&#8217;œuvre du compositeur n&#8217;est pas véritablement un opéra ; mais un songe, un paysage, un rire (la scène du chat), une prière (le requiem) : un poème.</font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman">            </font></p>
<p align="center"><font face="Times New Roman"><strong> Jeu de hasard</strong></font></p>
<p><font face="Times New Roman"> <font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman">            </font><strong>Mercredi midi,</strong> dans l&#8217;amphithéâtre de ce même lieu, un concert avec des pièces de <strong>Robert Pascal.</strong> Une série de petites œuvres pour instruments solos reliés à un dispositif électronique. Rude. Série monotone, dont le dispositif n&#8217;apporte rien. Rien. Oui, rien. Il n&#8217;y a rien. Pas de travail rythmique, harmonique,&#8230; tout semble aléatoire. Ce jeu de hasard devient&#8230; hasardeux. Puis le compositeur prend la parole, il se justifie : <em>« l&#8217;ambition est ici limitée »</em>. Ouf ! L&#8217;homme est conscient. Conscient que ces idées sont : primaires. Il se justifie : <em>« C&#8217;est un projet artistique autour des musiques d&#8217;aujourd&#8217;hui pour les enfants ».</em> Ah d&#8217;accord ! A côté de moi, un enfant de 5 ans : il adore. </font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman">Zut : je suis trop vieux.</font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman">  </font></p>
<p><font face="Times New Roman">          Longer les quais, côté Saône, direction le CNSM. <em>F**</em>, au téléphone, ne peut me dire si je marche dans le bon sens. En fait : non. J&#8217;arrive juste à temps pour écouter la musique de <strong>Raphaëlle Biston.</strong> Jeune compositrice, issue du CNSM de Lyon. Elle fait la musique que l&#8217;on entend dans les deux CNSM : petits bruits, souffles, gestes « post-pessonnien », silences, fragments de fragments,&#8230; heureusement, juste après, une œuvre, une vraie, une grande : <em><strong>Kosmos</strong></em> de <strong>Peter Eötvös</strong> pour deux pianos. Idées, mimétisme, espace, geste lyrique, jubilation. Bravo aux deux étudiants.</font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman">    </font></p>
<p align="center"><font face="Times New Roman"><strong>Nô, oui et non</strong></font></p>
<p><font face="Times New Roman">        Le soir, je retrouve <em>A** </em>: retour à l&#8217;opéra, pour le dernier du festival Japon : <em><strong>Hanjo</strong></em> de <strong>Toshio Hosokawa.</strong> Une musique exigeante, belle, raffinée avec quelques souvenirs de Takemitsu. Une écriture vocale tendue, lyrique (et merveilleusement défendue par les chanteuses : <strong>Claire Debono et Fredrika Brillembourg</strong>, à la sillhouette sublime !). La mise en scène d&#8217;<strong>Anne Teresa De Keersmaeker</strong> est dépouillée, pas toujours cohérente, pas toujours poétique. Mais l&#8217;ambiance générale est étouffante, tendue, angoissante. </font><font face="Times New Roman">Un homme, quelques places devant nous, fait un malaise.</font><font face="Times New Roman"> </font></p>
<p><font face="Times New Roman"><strong>Hosokawa</strong> a conçu son livret à partir du dernier des cinq nô modernes de Mishima. Et l&#8217;on retrouve l&#8217;univers angoissé de l&#8217;écrivain, la confusion des sentiments, le mal-être aux portes de la folie dans un Japon moderne dont la poésie n&#8217;est plus que nostalgie. Elégie de l&#8217;attente : harmonies statiques, acteurs silencieux, gestes ralentis. Fascinant. On ressort éprouvé car, en fait, notre vie est une attente. Enchanté.</font><font face="Times New Roman"> </font></p>
<p><font face="Times New Roman">Nous décidons, avec A**, d&#8217;aller dîner dans un resto&#8230; japonais. Nous arrivons dans un lieu moderne, branché (ah ! Lyon !). On nous fait asseoir le long d&#8217;un mur. Sur une chaîne automatique défile une série de plats. Ici, crevettes factices sous Cellophane, là makis dans une assiette. Interloqués par le souvenir de « l&#8217;aile ou la cuisse », nous comprenons qu&#8217;il faut faire notre choix : attraper l&#8217;appât lors de son passage. Nous rions.</font></p>
<p align="center"><font face="Times New Roman"><strong>Ouf, pas trop vieux</strong></font></p>
<p><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman">          <strong>  Dernière journée lyonnaise</strong> avec la création de <em><strong>Har, le Tailleur de pierre</strong></em> de <strong>Martin Matalon</strong> et <strong>Richard Dubelski</strong> d&#8217;après un conte traditionnel taoïste. La représentation à laquelle j&#8217;assiste s&#8217;adresse aux scolaires. Je me trouve donc parmi une soixantaine de gamins issus de classe primaire&#8230; Mais l&#8217;œuvre est si ludique, onirique et bien conduite que le charme opère. L&#8217;univers de <strong>Martin Matalon</strong> est un éclat, une salve d&#8217;idées musicales. À chemin entre une musique improvisée ou écrite, le conte est porté par les musiciens-acteurs : l&#8217;excellent <em><strong>Trio Suo Tempore</strong></em>. Mimes, dialogues, poésie, ambiances sonores, virtuosité instrumentale. Rien n&#8217;est simpliste car les enfants ont droit à une musique exigeante, riche et colorée. <strong>Martin Matalon</strong> s&#8217;amuse et ses musiciens (Laurence Chave, Eve Payeur, Philippe Cornus) captivent par les prouesses physiques, mentales ou musicales. Et les enfants rient.</font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman">Ouf : je ne suis pas trop vieux.</font></p>
<p><font face="Times New Roman">Le soir, dernier concert : <strong>Pierre-Laurent Aimard</strong>. En grande forme. Pendant deux heures de musique, il enchaîne les œuvres de Stroppa, Kurtag, Eötvös, Scriabine. Le pianiste, dans ce répertoire, impressionne par l’économie physique utilisée : la justesse du geste, de la pensée. Bel exemple de concentration.</font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Portraits minutes :</title>
		<link>http://qobuz.com/blogs/rodolphebruneau-boulmier/2008/03/19/portraits-minutes/</link>
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		<pubDate>Wed, 19 Mar 2008 10:19:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://qobuz.com/blogs/rodolphebruneau-boulmier/2008/03/19/portraits-minutes/</guid>
		<description><![CDATA[    
L**, jeune instituteur de son état, fume trop et boit du whisky : il a la nonchalance séduisante. Souvenir d&#8217;un non-lieu.
A**,  jeune pianiste de son état, est réfléchie et attentive aux amitiés : elle a l&#8217;intelligence intemporelle. Souvenir d&#8217;été.
D**, jeune pianiste de son état, a le talent pour imiter l&#8217;autre et l&#8217;amitié sincère : il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong></strong> <font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font><font face="Times New Roman"> </font></p>
<p><font face="Times New Roman"><em><strong>L**,</strong></em> jeune instituteur de son état, fume trop et boit du whisky : il a la nonchalance séduisante. Souvenir d&#8217;un non-lieu.</font></p>
<p><font face="Times New Roman"><em><strong>A**,</strong></em>  jeune pianiste de son état, est réfléchie et attentive aux amitiés : elle a l&#8217;intelligence intemporelle. Souvenir d&#8217;été.</font></p>
<p><font face="Times New Roman"><strong><em>D**</em>,</strong> jeune pianiste de son état, a le talent pour imiter l&#8217;autre et l&#8217;amitié sincère : il déclenche facilement le rire. Souvenir d&#8217;été</font></p>
<p><font face="Times New Roman"><strong><em>G**</em>,</strong> jeune pianiste de son état; boit une bière avec vous après le concert de Luganski : il est lucide sur les rapports humains. Souvenir d&#8217;été.</font></p>
<p><font face="Times New Roman"><em><strong>C**,</strong></em> étudiante de son état, a le sourire éclatant et les idées rapides : elle a le charme vagabond. Souvenir d&#8217;une soirée.</font></p>
<p><font face="Times New Roman"><em><strong>M**,</strong></em> courageuse de son état, est angoissée et fatiguée : il faudrait la porter à bout de bras. Souvenir de vie.</font></p>
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