Nouvelles du front des disquaires (enfin, ce qu’il peut en rester…)

 

muti.jpg Bon, vous avez lu la nouvelle ? Riccardo Muti à Chicago ! Le bruit courait dans les salles de répétition depuis quelques mois, les concerts faisaient salle comble au Symphony Hall, les tournées avec le CSO se déroulaient à merveille et l’on attend avec impatience le disque qui sera publié sous peu avec entre autre, un Poème de l’Extase qui s’annonce comme mémorable. Bon, au regard des déclarations du Condottiere qui ne voulait pas entendre parler d’une fonction de Musical Director sur les terres US ; le CSO semble avoir manœuvré avec grande habilité. Du côté de la direction du New York Philharmonic, on a dû serrer les poings et sourire comme si de rien n’était… En fait, tour d’horizon rapide, sauf erreur : en 2010, Muti sera le seul patron d’un big five à l’envergure… comment gloser en termes diplomatiques pour ne pas froisser les talentueux jeunots en devenir qui dirigent les grandes phalanges américaines ? Ah oui. International. Les petits malins ajouteront qu’il sera le seul, aussi, à utiliser une jolie teinture corbeau pour sa  chevelure de Samson… En espérant que ses programmes dépassent le cadre de ses pertinents choix d’avec l’Orchestre national et son intégrale des 16 Messes de Cherubini (gloups) ou l’exacte reprise du répertoire du petit maestro Toscanini (programmes Martucci, Respighi…). Il n’empêche, le CSO vient de conclure une superbe union : artistique et financière. Et j’avoue pousser un soupir de soulagement car une autre et étrange rumeur courait sur la place parisienne ces derniers mois : celle de la nomination à Chicago d’un histrion de la baguette, tendance ex-pianiste reconverti  qui massacre Mahler, rate ses Brahms et décore ses Mozart de l’ordre de la Turangalîla. Bien heureusement, tout cela n’était que chimères et a bien fait rire un immense et modeste maestro actuellement en poste à Chicago, au moment de lui poser la question sur ce fantasme d’une baguette à la recherche d’une autre situation que celle de chef d’orchestre de Radio. Putain, quatre ans !

Passons… Retour aux galettes compactes :

Ah ! Le joli mois de mai…  Ses orchestres en RTT, ses chefs qui défilent pour revendiquer des améliorations des conditions de travail et ses directeurs artistiques de maison de disque qui attendent la descente de l’Esprit Saint sur les réalisations de leurs poulains.

pochette-stravinskybis.jpgComme tous les mois, le Rattle nouveau est arrivé. Effectivement, il va falloir brûler quelques cierges pour atteindre le niveau de la Symphonie des Psaumes gravée par Boulez avec le même orchestre (DGG)…

 

 

 

pochette-mozart-abbado.jpgAh… La DGG prépare le 75e anniversaire du grand et pudique maestro en juin prochain avec la parution des Symphonies n°29, 33, 35, 38 et 41 à la tête de l’Orchestra Mozart  de Bologne ! Kezako orkhestra ?

Dans la veine des orchestres d’une session ou d’un soir de folie, du type Orchestre du Festival de Lucerne ; ce Mozart Orchestra laisse apparaître une jolie brochette de « super solistes » comme l’on dit dans les orchestres français. Violon solo : Giuliani Carmignola (celui aux boyaux de chats ?). Contrebasse solo : Alois Posch. Flûte solo, Jacques Zoon… Entourage sympathique.

 

  pochette-stravinsky-jansons.jpgAhhhh !!! Quelques nouvelles du Concertgebouw. Le généreux programme est plus qu’alléchant. Cela risque de faire du bruit, surtout que le Sacre de Jansons gravé à Oslo pour Emi serait à reconsidérer d’urgence par la critique.

 

 

 

pochette-chailly.jpgConnaissez-vous le DVD de Chailly dans la même salle et exercice de battue similaire ?  pochette-gergievbisbis.jpg

 

 

 

Pour finir. C’est jour de fête. Ca y est : la rédaction de Classica est en ébullition. Bertrand Dermoncourt, Doridot et les autres travaillent le Frère Jacques en canon pour chanter sur le disque de Gergiev. Je ne suis pas sûr qu’ils arrivent à suivre la vitesse du super jet maestro. De toute évidence, une version bruitiste avec enterrement du chasseur en roller et sur amplificateur… 


posté le Wednesday 7 May 2008 à 15:37.

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Commentaires

1. Le Thursday 15 May 2008 11:37, par Brice JEANDIDIER

Bonjour, Cela n'a pas de rapport direct avec le sujet, mais je souhaitais vous préciser que, comme vous, j'ai apprécié le dernier enregistrement de la 9ème de Mahler par Rattle. Et pourtant je suis loin d'être un Rattlelâtre, ayant été très déçu par bon nombre de ses récentes prestations et notamment son concert de la Saint-Sylvestre où la philharmonie de Berlin est simplement réduite à un orchestre international au son standardisé. J'ai donc été très séduit par ce disque auquel j'aurais pour ma part attribué un 10. Toutefois, n'étant pas musicien de formation et dépourvu de l'oreille absolue, je ne suis pas à même de juger les très fortes réticences de votre collègue. J'ajoute que je suis très nostalgique du Pavé dans la mare et j'ose espérer que France musique saura reconnaître son erreur en reprogrammant cette émission dans sa grille. Enfin n'ayant pas connaissance d'un blog de M. Dermoncourt, merci de lui préciser que Horowitz/Toscanini ont enregistré, que je sache, le 2ème concerto de Brahms et non pas le premier qu'Horowitz a joué avec Walter (et il en reste un live avec le Concertgebouw), et que Rubinstein, me semble-t-il, l'a enregistré avec Reiner ainsi qu'avec Mehta et non avec Leinsdorf. Bien cordialement. BJ

2. Le Friday 16 May 2008 12:04, par Pierre-Yves Lascar

Bonjour, j'aimerais dire qu'un équivalent de l'émission de Frédéric Lodéon existe sur France Musique, présenté par Renaud Machart, qui propose certes une perspective différente de celle de Lodéon, mais qui a aussi ses qualités. Répertoire plus différencié - Tabuh-Tabuhan de Colin McPhee, Membra Jesu Nostri de Buxtehude, musique pour orgue de Grigny, par exemple, et ces musiques aussi géniales les unes que les autres doivent être défendues. Monsieur Lodéon faisait très peu d'incursions dans la musique baroque, s'en tenant aux grand noms (Bach, Haendel) mais jamais de Louis Couperin par exemple ou Georg Philipp Telemann en six ans), comme il faisait très peu d'incursions dans la musique du XXème siècle (jamais Roussel, assez peu de Debussy, Honegger n'en parlons pas, etc...). Une telle tribune dont on sait qu'elle attire beaucoup d'auditeurs se doit aussi de se consacrer à tous les répertoires, à ceux parfois que les Français continuent de négliger imprudemment (Sibelius, Vaughan Williams, Britten, et leur propre musique française : Roussel, Honegger, etc...), et retrouver ainsi l'une de ses vocations : faire découvrir des choses merveilleuses à ses auditeurs. Une telle émission sera de toute façon parfaitement réussie lorsque le responsable prendra le temps d'explorer une grande partie de la discographie et en sélectionner le plus intéressant, et pas forcément le meilleur. Machart a choisi un point de vue discutable (uniquement les versions les plus récentes) mais il s'y tient. On pouvait se poser des questions parfois sur le contenu éditorial des programmes de Lodéon. Car arriver à choisir au final la version d'I.Fischer dans le Concerto pour orchestre de Bartok, et préférer prendre la version Dorati Hungaroton à la version Concertgebouw - un must absolu dans une prise de son de rêve - me fait poser personnellement quelques questions, d'autant que Lodéon est quelqu'un de très cultivé, comme peut l'être aussi Machart. Une telle émission devrait l'occasion de nous faire redécouvrir parfois des chefs et interprètes du passé totalement oubliés selon les répertoires (Beinum dans Debussy, Kletzki dans Mahler, Karajan dans Bartok, Kondrachine dans Mahler, Ansermet dans Beethoven, par exemple, et quantité d'autres). Ni Machart ni Lodéon ne l'ont choisi. Dans ses émissions par contre, Machart, qui n'a que deux heures, n'hésite pas à demander à ses invités de mentionner à la fin leurs versions plus ou moins historiques favorites. Et je crois que lorsque c'est Jean-Charles Hoffelé qui nous dit que sa vision favorite du Premier Concerto de Beethoven est celle d'Ania Dorfmann avec Toscanini en 1940, on peut lui faire confiance. Tiens, il existe une vision du Concerto pour piano de Schumann par Dorfmann chez RCA/Decca (avec LPO/Boult), jamais publié. Voilà, chacune de ces émissions a ses qualités, ses défauts. Espérons que France Musique réfléchira plus amplement à la question pour la saison prochaine avant de prendre une décision hâtive. Et pour les nostalgiques, je propose de me contacter, et on se réunit, on fait notre propre pavé dans la mare, ou notre propre déjeuner de l'Epiphanie. Etes-vous prêts à comparer vingt versions du premier mouvement de la Symphonie Haffner de Mozart. Diurée prévue : trois heures et demi. Cordialement, et à bientôt sur le blog de François Dru, Pierre-Yves

3. Le Saturday 17 May 2008 10:26, par Brice JEANDIDIER

Bonjour, Merci de toutes vos précisions. Tout comme vous, j'ai été souvent frustré du choix arbitraire qu'effectuait Frédéric Lodéon et parfois du malin plaisir qu'il semblait mettre à critiquer pour ne pas dire dénigrer Karajan. Mais il m'est arrivé aussi, grâce à lui, de découvrir de très beaux enregistrements : je pense notamment au songe d'une nuit d'été d'Osawa et à la trilogie Respighi de Jansons, disques que j'ai pu me procurer via Internet. J'ajoute que je reste dubitatif quant au bien fondé d'une écoute en aveugle, l'auditeur mettant parfois plus d'effort à tenter d'identifier l'interprète qu'à juger véritablement l'interprétation. En ce sens je suis toujours nostalgique de la tribune des critiques de disques, dont il m'est arrivé d'écouter un certain nombre d'émissions lors de ma prime jeunesse. Concernant votre proposition, certes alléchante, je suis malheureusement contraint de la décliner par manque de temps. Merci encore et bien à vous. Brice

4. Le Wednesday 2 July 2008 7:04, par Worms

Pour information. Cascavelle, le premier éditeur discographique suisse de musique classique publira fin 2008 toute une série d'archives Ansermet avec la RSR: - Britten: War requiem + les Illuminatins (avec S. Danco) - Beethoven: Symphonie n° 5 + Concerto pour piano n° 5 (avec R. Serkin) -Magnard: Symphonie 3 + D'Indy: Symphonie Cévenole - Dutilleux: Symphonie n° 1 + Martinu Symphonie n°4 Également un coffret réunissant les toutes premières gravures de ce chef légendaire. Laurent Worms

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